Économie
L’Europe au pied du mur face à la révolution des voitures sans conducteur
Un rapport du Haut-Commissariat au Plan alerte sur le retard pris par le Vieux Continent dans le secteur des véhicules autonomes, dominé par la Chine et les États-Unis, et préconise un changement de stratégie pour éviter une dépendance technologique.
L’Europe se trouve à la croisée des chemins dans la course aux véhicules autonomes. Selon une note publiée par le Haut-Commissariat au Plan, le continent accuse un retard préoccupant face à la Chine et aux États-Unis, où l’essor de cette technologie s’accélère. Sans une stratégie de rattrapage ambitieuse, l’Europe risque de devenir une « colonie numérique » et de dépendre entièrement d’acteurs étrangers pour ses mobilités futures.
Pour inverser la tendance, l’institution propose une voie originale. Plutôt que de se concentrer sur les robotaxis, qui effectuent la moitié de leurs trajets à vide, l’Europe pourrait miser sur des véhicules autonomes intégrés aux systèmes de transports en commun. Cette approche permettrait non seulement de se différencier des modèles américains et chinois, mais aussi de reprendre la main sur l’organisation des déplacements. « Il faut qu’on l’anticipe parce que ça va tout changer », a souligné le Haut-Commissaire au Plan, insistant sur la nécessité de tester ces véhicules dans les rues européennes pour innover et réguler efficacement.
Le rapport dessine un scénario concret pour l’utilisation de ces engins partagés. Un citoyen pourrait se rendre au travail avec son véhicule autonome, le laisser repartir en journée pour transporter des personnes âgées vers un rendez-vous médical en zone rurale, puis le réutiliser pour rentrer chez lui le soir. Ce modèle d’exploitation illustre le potentiel d’une révolution qui reste à organiser.
Pendant ce temps, les robotaxis se multiplient dans les métropoles chinoises et américaines. En Chine, des acteurs comme Apollo, filiale de Baidu, Pony AI, WeRide ou Didi dominent le marché. Goldman Sachs prévoit 500 000 robotaxis en 2030, contre 4 100 en 2025. Ces entreprises regardent désormais vers l’Europe malgré les obstacles réglementaires. Waymo, filiale d’Alphabet, prévoit de se lancer à Londres en 2026. Pony AI testera des vans autonomes au Luxembourg avec Stellantis. WeRide opère déjà en Belgique, en Espagne et en Suisse. Uber compte déployer cette année à Munich des robotaxis avec la technologie chinoise de Momenta.
Face à cette offensive, le rapport recommande de créer deux ou trois champions européens « massivement financés » pour concurrencer les géants américains et chinois. Il suggère d’inscrire le véhicule autonome dans une logique de préférence européenne et de prendre le leadership sur la technologie du système de mobilité, sous la direction d’acteurs publics. En France, l’institution propose d’identifier cinq à dix territoires pilotes pour y déployer à grande échelle des véhicules autonomes intégrés au réseau de transport local.
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