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Keir Starmer sous pression, une relance décisive en vue

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Le Premier ministre britannique s’apprête à prononcer un discours majeur pour tenter de redonner un souffle à son mandat, alors que les revers électoraux et les contestations internes fragilisent son autorité.

Keir Starmer doit s’adresser à la nation ce lundi dans l’espoir de relancer son action politique, tant auprès des citoyens que des rangs travaillistes, après une série d’élections locales désastreuses pour son parti. Ce n’est pas la première fois que le dirigeant fait face à une tempête depuis son arrivée au pouvoir, mais la pression s’intensifie. Le mécontentement gronde dans l’opinion publique et au sein du Labour, où plusieurs voix l’estiment directement responsable de la déroute électorale.

Dans son discours, le chef du gouvernement devrait insister sur la nécessité de transformations profondes pour répondre aux défis du pays, selon des extraits diffusés en amont. Il a réaffirmé ce week-end sa volonté de rester à son poste pour accomplir la mission pour laquelle il a été élu en juillet 2024. La semaine s’annonce cruciale, avec le discours du roi Charles III mercredi, qui détaillera les priorités législatives de l’exécutif pour la nouvelle session parlementaire. Starmer devrait notamment évoquer le renforcement des liens avec l’Union européenne, afin de renforcer la position du Royaume-Uni sur les plans économique, commercial et militaire.

Les élections locales ont vu le Labour perdre du terrain face au parti d’extrême droite Reform UK, mené par Nigel Farage, y compris dans ses fiefs du nord de l’Angleterre et du pays de Galles. Dans la capitale, les Verts, plus à gauche, ont également grignoté des suffrages. Le Premier ministre doit désormais apaiser les dissensions internes, alors que de plus en plus de députés réclament son départ. L’ancienne ministre Catherine West a annoncé qu’elle tenterait de provoquer une élection interne pour lui trouver un successeur si le gouvernement ne parvenait pas à un accord. Une telle initiative reste toutefois difficile, car elle nécessite le soutien de 81 parlementaires, soit 20% du groupe. Mais elle illustre les manœuvres en cours pour envisager une alternative rapide.

Plusieurs élus ont appelé au départ de Starmer à court ou moyen terme, selon des décomptes internes. Une alliée du Premier ministre, Bridget Phillipson, a estimé que la déroute électorale était un signal fort, tout en jugeant qu’un changement de direction n’était pas la solution appropriée. Depuis son entrée à Downing Street, Keir Starmer n’a pas réussi à convaincre, pénalisé par des mesures jugées antisociales, un durcissement de la politique migratoire qui a déçu son électorat, et une incapacité à relancer une économie pourtant présentée comme prioritaire. Les polémiques se sont succédé, avec des démissions ministérielles forcées et le scandale lié à l’ex-ambassadeur britannique à Washington, ami du criminel sexuel Jeffrey Epstein, qui avait déjà suscité des appels à la démission.

Ses succès diplomatiques, notamment face à Donald Trump sur l’Iran ou au sujet de l’Ukraine, sont reconnus, mais n’ont pas suffi à redresser la barre. L’absence d’un successeur évident pourrait cependant l’aider à se maintenir temporairement. Les noms évoqués pour le remplacer, comme l’ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting, ne se bousculent pas pour le défier. Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, figure populaire dans les sondages, ne dispose pas de siège au Parlement. Aucun n’a appelé publiquement au départ de Starmer. Angela Rayner a souligné que le Premier ministre devait désormais se montrer à la hauteur des attentes et définir le changement nécessaire, ajoutant qu’il s’agissait peut-être de la dernière opportunité.

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