Société
Vallaud quitte la direction du PS, Faure affaibli et isolé
Le chef des députés socialistes claque la porte de l’appareil du parti, laissant le premier secrétaire Olivier Faure en position minoritaire et fragilisé à moins d’un an de la présidentielle.
Les tensions qui rongeaient le Parti socialiste depuis plusieurs mois ont abouti à une rupture nette. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a annoncé son départ de la direction du parti, une décision officialisée vendredi dans un courrier adressé à Olivier Faure. Ce geste, confirmé par son entourage, place le premier secrétaire dans une situation inédite : il se retrouve désormais minoritaire au sein de ses propres instances.
Arrivé troisième au dernier congrès il y a un an, le député des Landes avait pourtant accepté de se ranger derrière Olivier Faure, permettant à ce dernier de conserver la tête du parti face à Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen. Mais l’alliance n’a pas résisté aux divergences stratégiques, notamment sur la manière de désigner un candidat pour l’élection présidentielle. Le départ de Vallaud entraîne celui de l’ensemble de son courant, baptisé “Unir”, soit vingt-quatre membres, dont vingt et un secrétaires nationaux, soit environ un tiers de la direction.
Dans une déclaration transmise à l’AFP, la direction du PS a réagi avec fermeté, estimant que “rien ne se construit durablement en brutalisant ses partenaires”. Elle a réaffirmé sa volonté de “bâtir une solution de rassemblement crédible, solide et capable de gagner pour empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir en 2027”. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a ironisé sur cette situation, jugeant que le PS était devenu “une troupe confuse de gens qui se disputent à tout propos”.
Le départ de Boris Vallaud ne remet pas en cause la position d’Olivier Faure à la tête du parti, mais il complique sérieusement sa capacité à faire adopter ses propositions. Dans sa lettre, le sénateur Alexandre Ouizille, proche de Vallaud, dénonce une “collégialité bâclée” et une “brutalisation du fonctionnement” des instances. Il rappelle que l’accord conclu lors du congrès prévoyait une association étroite aux discussions stratégiques, une promesse qui, selon lui, n’a jamais été tenue. “Le plus souvent, tu décides seul. Le plus souvent en dehors des instances, de plus en plus rarement réunies”, accuse-t-il.
Le principal point de discorde concerne la primaire de la gauche, voulue par Olivier Faure mais rejetée par Boris Vallaud. Ce dernier plaide pour une désignation interne d’un candidat socialiste, couplée à une coalition élargie incluant des figures comme Raphaël Glucksmann ou Yannick Jadot. Il a d’ailleurs lancé avec eux une initiative baptisée “un projet commun”, avant toute désignation de candidat. De son côté, la direction du PS promet un vote des militants sur le projet du parti d’ici juin.
Dans ce climat de défiance, Olivier Faure se retrouve plus isolé que jamais, contraint de naviguer entre les ambitions personnelles, les sensibilités internes et l’urgence de l’échéance présidentielle. Le départ de Vallaud, loin de clarifier la situation, accélère les fractures et relance les interrogations sur la capacité du PS à présenter un front uni.
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