Culture
La Palme d’or, un chef-d’œuvre d’orfèvrerie dévoilé à Genève


Chaque année, la maison Chopard façonne le trophée le plus convoité du cinéma mondial. Plus de 70 heures de travail minutieux sont nécessaires pour donner vie à la Palme d’or, un objet d’exception né dans les ateliers de Meyrin.
Depuis 1955, la Palme d’or a connu plusieurs métamorphoses. Sa silhouette actuelle a été imaginée en 1998 par Caroline Scheufele, co-présidente de Chopard, la maison qui réalise également l’ensemble des trophées remis durant le Festival de Cannes. L’une des innovations majeures réside dans la tige de la Palme, qui s’achève sur une petite forme de cœur. Selon la créatrice, ce détail évoque l’amour du cinéma, une passion qu’elle transpose souvent dans ses bijoux ornés de cœurs.
La fabrication de ce trophée emblématique débute par la technique de la fonte à cire perdue. Un modèle en cire bleue, comprenant la tige et ses feuilles, est moulé dans du caoutchouc avant d’être plongé dans du plâtre liquide. Ce dernier est ensuite chauffé à 760 degrés, ce qui fait fondre la cire et laisse une empreinte vide. Sous vide, du métal en fusion est alors injecté dans ce moule. Une fois la pièce solidifiée, le plâtre est dissous pour libérer l’objet, qui est nettoyé et traité afin d’éliminer toute impureté.
L’étape suivante est celle de l’assemblage. Chaque élément est retravaillé à la main, poli et fixé avec soin. Les feuilles d’or sont ajustées et soudées une à une sur la tige. Après un polissage final, la Palme est montée sur un socle en cristal de roche, préalablement percé avec une grande précision. L’ensemble est ensuite solidifié pour obtenir un objet prêt à être exposé.
La Palme est composée de 118 grammes d’or jaune, tandis que le socle en cristal de roche est taillé en forme de diamant émeraude cut. Caroline Scheufele souligne que le cristal de roche confère à chaque Palme une apparence unique, variant légèrement d’une année sur l’autre.
Chopard fournit chaque année deux Palmes d’or au Festival de Cannes, une précaution en cas d’ex æquo ou d’imprévu. Le jury, présidé cette année par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, remettra la récompense le 23 mai, à l’issue de la quinzaine cannoise. L’année dernière, le trophée avait été attribué à *Un simple accident*, du cinéaste iranien dissident Jafar Panahi.





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