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Narges Mohammadi, l’inlassable voix des libertés derrière les barreaux iraniens

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Lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, la militante iranienne Narges Mohammadi poursuit depuis plus de deux décennies un combat acharné pour les droits humains, au prix d’une santé gravement altérée et d’une séparation douloureuse avec les siens.

Figure de proue de la contestation en Iran, Narges Mohammadi n’a jamais cessé de faire entendre sa voix, même depuis sa cellule. À 54 ans, cette ancienne ingénieure de formation, devenue journaliste puis militante, incarne une résistance obstinée contre l’oppression des femmes et la peine de mort. « L’engagement en faveur des droits des femmes et de la liberté ne peut être entravé par la prison », assurait-elle lors d’une rare visioconférence avec le comité Nobel fin 2024, profitant d’une brève libération pour raisons médicales. Son combat, elle le mène sur trois fronts principaux : la défense des droits humains, la cause féministe et la réclamation de justice pour les crimes commis, comme le résumait son époux.

Son parcours l’a conduite à rejoindre le Centre des défenseurs des droits de l’Homme fondé par Shirin Ebadi, autre prix Nobel de la paix iranien. Mais ce dévouement a un lourd tribut. Narges Mohammadi n’a pas revu ses enfants jumeaux, Ali et Kiana, depuis 2015, et n’a partagé que quelques années de vie commune avec son mari, Taghi Rahmani, exilé en France. « Ma souffrance la plus insupportable est le désir ardent d’être avec mes enfants », confiait-elle en 2023. Elle a passé plus de dix ans derrière les barreaux et doit encore purger dix-huit années de prison pour diverses accusations liées à la sécurité nationale.

Sa santé s’est considérablement dégradée ces derniers mois. Ses proches alertent sur un état qualifié de « méconnaissable » après deux crises cardiaques présumées en détention, une perte de poids de vingt kilos et des difficultés d’élocution. Malgré ces épreuves, elle a organisé des sit-in et des grèves de la faim depuis sa cellule, en soutien au mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Son fils Ali, lors d’un message lu à Oslo, a salué son courage : « Ma mère a payé un lourd tribut. Mais lorsqu’elle était avec nous, elle était une mère merveilleuse. » Le pouvoir iranien, lui, la présente comme une figure agissant contre la sécurité nationale, tandis que la communauté internationale suit avec inquiétude l’évolution de son état.

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