Monde
Le football mexicain voit ses supportrices gagner leur place dans les gradins
À l’approche de la Coupe du monde, les Mexicaines brisent le stéréotype de la femme décorative dans les stades, un espace longtemps dominé par les hommes.
Andrea Peña a préparé son été avec soin. À 29 ans, cette supportrice de longue date des Pumas de Mexico a déjà ses billets pour les rencontres du Mondial qui se dérouleront au Mexique, aux États-Unis et au Canada. Membre active de La Rebel, un groupe ultra du club de la capitale, elle compte bien assister au match d’ouverture le 11 juin dans le stade Azteca. Le chemin parcouru par les femmes dans les tribunes est pourtant considérable. Il y a quelques décennies encore, une publicité pour une marque de bière mettait en scène une actrice espagnole en tenue légère, se dandinant au milieu des supporters masculins, symbole d’une époque où la femme n’était qu’un ornement dans les gradins.
Le Mexique reste marqué par un machisme structurel et des violences de genre qui, selon des données gouvernementales reprises par les Nations unies, coûtent la vie à une dizaine de femmes ou de filles chaque jour. Pourtant, la cause féminine a gagné du terrain ces dernières années, avec l’élection de Claudia Sheinbaum à la présidence en juin 2024, une première dans l’histoire du pays. La nouvelle cheffe de l’État ne se rendra pas à la cérémonie d’ouverture du Mondial, qu’elle suivra depuis la place du Zócalo aux côtés de ses sympathisants. Une jeune fille, lauréate d’un concours de jongles inédit, prendra sa place dans la tribune présidentielle.
Les femmes doivent encore prouver leur légitimité dans un univers où la culture footballistique demeure profondément masculine. Luz Vari, fondatrice en 2019 de la barra feminista, un groupe de supportrices du championnat professionnel féminin, constate que les exigences sont plus élevées pour elles. Une méconnaissance du nom de tous les joueurs suffit à discréditer une femme, là où les hommes peuvent ignorer ces détails sans conséquence. La compétence féminine est sans cesse remise en question. Pourtant, six femmes officieront comme arbitres principales lors de ce Mondial, dont la Mexicaine Katia Itzel Garcia, et les femmes gagnent peu à peu du terrain dans le journalisme sportif, un secteur encore largement masculin.
Le Mexique avait accueilli une Coupe du monde féminine non officielle en 1971, dont l’équipe nationale avait été finaliste devant plus de 110 000 spectateurs dans le stade Azteca. Aujourd’hui, Andrea Peña estime que la proportion de femmes dans les groupes ultras peut atteindre 40 à 50 pour cent lors des grands matches. La sociologue argentine Natalia D’Angelo, qui étudie ces phénomènes, souligne que les supportrices doivent mener un combat intense pour être reconnues au sein de ces organisations. Lorsqu’elles y parviennent, c’est souvent dans des rôles genrés, comme l’organisation ou la gestion administrative. Ofelia Ponce, 51 ans, comptable de profession, en est l’illustration parfaite. Repérée à 14 ans par La Rebel, elle gère aujourd’hui les finances du groupe. Elle explique que la nature même des femmes les destinerait à administrer et à prendre soin des ressources, justifiant ainsi sa place dans cette partie de la barra dédiée à la gestion de l’argent.
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