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La défection de Vallaud précipite le PS vers un choix décisif pour 2027

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Le départ du député des Landes de la direction du Parti socialiste contraint la formation à trancher rapidement entre une primaire, un candidat interne ou un ralliement à Raphaël Glucksmann.

En quittant la direction du PS, Boris Vallaud a imposé une accélération des arbitrages que les socialistes doivent rendre en vue de l’élection présidentielle. Le parti se trouve désormais confronté à trois options : organiser une primaire malgré les réticences, miser sur un candidat issu de ses rangs, ou s’aligner derrière Raphaël Glucksmann, actuellement en tête des intentions de vote.

Vendredi, le député des Landes, arrivé troisième au dernier congrès du parti il y a un an avant de se ranger derrière Olivier Faure, a annoncé dans une lettre adressée au premier secrétaire que son courant « Unir », qui compte vingt-quatre membres, quittait les instances dirigeantes. Après des mois de tensions, le sénateur Alexandre Ouizille, mandataire de ce courant, a dénoncé dans ce courrier une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » des organes du parti, et une « stratégie d’isolement et d’enlisement ».

Au centre du différend, largement exposé ces dernières semaines, se trouve la volonté d’Olivier Faure d’accepter la participation du PS à une primaire de la gauche non mélenchoniste, souhaitée par les Écologistes et les anciens Insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Le départ de Boris Vallaud ne constitue pas « une situation nouvelle mais une rupture symbolique, visant à obtenir une visibilité médiatique », a tempéré samedi Laurent Baumel, proche d’Olivier Faure. Il a rappelé que la majorité pour participer à une primaire « de toute façon, on ne l’avait pas dans les instances ». Mais il s’est agacé que Boris Vallaud ne propose « pas d’alternative » à cette « solution pragmatique ». Sans primaire, Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin pourraient partir de leur côté, multipliant les candidatures à gauche, alors que le Rassemblement national domine tous les sondages.

Olivier Faure pourrait-il tenter d’imposer cette primaire aux instances du parti en s’appuyant sur un seul vote des militants ? La réaction de la direction du PS vendredi soir suggère que non. Elle a estimé que « on ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires » de la gauche non mélenchoniste.

En attendant, les partisans de la social-démocratie multiplient les arguments pour que le candidat finalement désigné soit celui qui figure le mieux dans les sondages, plutôt que le vainqueur d’une primaire. C’est le cas de Raphaël Glucksmann et de François Hollande. L’entourage de l’ancien président socialiste a estimé samedi que la direction du PS devait « en tirer au plus vite les conséquences et reconnaître l’infaisabilité » d’une telle procédure. « Il faut qu’un processus de désignation d’un candidat social-démocrate pour 2027 soit entériné avant la fin de l’année », a-t-on ajouté.

Ce candidat pourrait-il être Boris Vallaud lui-même ? En claquant la porte de la direction, « il ne peut pas ne pas imaginer qu’il puisse être le candidat du parti », reconnaît un proche de Raphaël Glucksmann. Mais ce dernier envisage plutôt une « deuxième ligne », celle où le chef des députés socialistes serait « désigné chef de file du PS à la présidentielle, comme aux élections municipales où l’on est le premier socialiste mais pas en tête de liste ». Dans ce scénario, il se réserverait la possibilité de se ranger finalement derrière la candidature de Raphaël Glucksmann. « Le Parti socialiste est plus intéressé par la présidentielle que par la présidentielle », souffle cette source.

François Hollande n’a pas dit son dernier mot. « Il va observer la dynamique sondagière », décrypte un responsable socialiste, n’excluant pas que l’ancien locataire de l’Élysée soutienne finalement Raphaël Glucksmann s’il reste en tête des intentions de vote. « Mais si les sondages sont de moins en moins favorables au leader de Place publique, il voudra sans doute prendre ses responsabilités et entrer dans la course », ajoute cette source, mettant en avant son expérience des affaires internationales dans le contexte géopolitique actuel.

Face à ces conflits internes, Jean-Luc Mélenchon joue le contraste. « Chez nous, c’est carré », répète-t-il. « Une équipe, un programme, un seul candidat », lui-même.

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