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Marée de drapeaux à Kaboul pour les cinq ans du retour des talibans au pouvoir

Des centaines de partisans ont envahi les rues de la capitale afghane pour célébrer l’anniversaire de la prise de pouvoir de 2021, entre musique…

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Marée de drapeaux à Kaboul pour les cinq ans du retour des talibans au pouvoir

Des centaines de partisans ont envahi les rues de la capitale afghane pour célébrer l’anniversaire de la prise de pouvoir de 2021, entre musique patriotique, danses traditionnelles et symboles de guerre. Une liesse qui contraste avec la situation du pays, cinq ans après le départ des Américains.

C’est un spectacle que l’on n’imagine pas depuis l’étranger. Sur un rond-point de Kaboul, tout près de l’ancienne ambassade des États-Unis, fermée depuis le retrait des troupes américaines, des centaines d’hommes et d’enfants s’agglutinent à l’arrière de pick-up ou à moitié sortis par les fenêtres des voitures. Ils agitent des drapeaux noir et blanc de l’Emirat islamique, tandis que des vendeurs de rue en proposent de toutes tailles depuis quelques jours. Dans cette ambiance de kermesse, certains membres des forces talibanes, la barbe longue, esquissent des pas de danse traditionnelle pachtoune, pendant que des hélicoptères militaires survolent la ville et que des pétards pètent de toutes parts.

La joie affichée est réelle, mais elle ne dit pas tout. « Nous sommes heureux et nous avons beaucoup d’espoir pour le futur de l’Afghanistan », confie Mohammad Daud Rahmani, patron d’une société de construction originaire de Kandahar, le berceau du mouvement taliban. Il appelle les pays du monde entier à nouer des relations avec le gouvernement en place. Mais d’autres voix sont plus nuancées. Mohammad Alim, 23 ans, dit ressentir une joie mêlée de tristesse. Son père, un combattant taliban, est mort pendant la guerre contre les États-Unis et leurs alliés. Une perte qui rappelle que chaque célébration a son cortège de deuils, même chez ceux qui saluent la victoire.

Sur le rond-point des Chevaux, les autorités ont installé de véritables trophées de guerre. Un Humvee abandonné par l’armée américaine en 2021 trône à côté d’un char russe, symbole de la déroute soviétique après l’occupation des années 1980. Un message clair adressé à ceux qui douteraient encore de la puissance du nouveau régime. Pendant ce temps, quelques scènes viennent briser l’image d’une fête parfaitement huilée. Une femme vêtue d’un tchador vert et d’un voile noir a été priée de cesser de poser pour des selfies, avant de quitter les lieux. Des enfants défilent en tenue militaire avec des pistolets en plastique. Et si la musique profane est officiellement interdite, elle résonne à plein volume pour l’occasion, couverte par le bruit des hélicoptères. Une journée fériée qui célèbre la victoire, mais qui rappelle aussi à quel point le régime taliban impose sa vision rigide de la société, notamment aux femmes.

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