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Le Venezuela ouvre les portes de ses prisons à 131 détenus politiques

Pour la première fois depuis l’ouverture des négociations, Caracas relâche plus de 130 prisonniers politiques. Parmi eux, une femme condamnée pour un…

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Le Venezuela ouvre les portes de ses prisons à 131 détenus politiques

Pour la première fois depuis l’ouverture des négociations, Caracas relâche plus de 130 prisonniers politiques. Parmi eux, une femme condamnée pour un attentat au drone contre l’ancien président Maduro.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé vendredi la remise en liberté de 131 personnes détenues pour des motifs politiques. Cette décision répond à une demande de l’opposition, qui vient de s’asseoir à la table des discussions avec le pouvoir sous le parrainage de Washington. Un premier cycle de pourparlers s’est achevé jeudi, et la cheffe de la délégation de l’opposition, Dinorah Figuera, avait promis de tout faire pour obtenir ces libérations.

Parmi les personnes relâchées figure Emirlendris Benitez, une commerçante de 45 ans arrêtée en 2018 alors qu’elle était enceinte de quatre mois. Accusée d’avoir participé à un attentat au drone visant Nicolas Maduro, elle avait écopé de trente ans de prison. Les organisations de défense des droits humains affirment qu’elle a subi des tortures et une fausse couche. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on la voit en fauteuil roulant embrasser son fils et lâcher « Le cauchemar est terminé ».

Sur le terrain, l’émotion était palpable. Devant la prison El Rodeo, près de Caracas, des proches de détenus ont vu sortir un groupe d’hommes dans l’après-midi. Ruth Molero, dont le fils et le neveu sont encore incarcérés, raconte avoir couru en criant avec les autres familles. Elle dit garder confiance pour la suite. L’ONG Foro Penal, qui suit ces dossiers, a confirmé dans la soirée la libération effective de 64 personnes. Avant cette annonce, plus de 380 prisonniers politiques étaient encore recensés dans le pays.

Cette vague de libérations intervient sept mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine, qui a mis fin à plus d’un quart de siècle de pouvoir chaviste. Le sort des détenus est devenu un enjeu central de la transition. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a salué un « pas crucial » vers la réconciliation nationale. Mais le dialogue se poursuit sans Maria Corina Machado, figure de l’opposition exilée au Panama et prix Nobel de la paix, qui assure ne pas vouloir entraver le processus. Mercredi, les deux camps se sont mis d’accord pour poursuivre la réforme judiciaire et tenter de récupérer une trentaine de tonnes d’or bloquées au Royaume-Uni. Un nouveau cycle de discussions doit avoir lieu à une date pas encore fixée.

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