Monde
Le sud du Liban de nouveau frappé neuf morts dont des femmes et des enfants
Les frappes israéliennes de samedi ont fait neuf morts dans le sud du Liban, un bilan plus lourd que tout ce qu’on a vu depuis les accords de juin. Le…


Les frappes israéliennes de samedi ont fait neuf morts dans le sud du Liban, un bilan plus lourd que tout ce qu’on a vu depuis les accords de juin. Le gouvernement libanais dénonce une escalade alors que les négociations doivent reprendre.
Les frappes ont eu lieu samedi à l’aube. Dans la localité d’Ansar, un bâtiment a été réduit en miettes. Les secouristes ont extrait des corps des décombres. Le bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé fait état de sept morts dans cette localité, dont trois enfants et deux femmes. Un peu plus loin, dans le village de Deir Zahrani, deux autres personnes ont été tuées et neuf ont été blessées. Ces chiffres restent provisoires.
L’armée israélienne a justifié ces frappes en les présentant comme une réponse à une action du Hezbollah contre ses soldats. Elle dit avoir détruit une infrastructure du mouvement pro-iranien. Sur place, les habitants ne comprennent pas. L’un d’eux, propriétaire d’un petit hôtel touristique, a confié son désarroi. Il attend toute l’année les trois mois d’été pour faire tourner son commerce. Un autre a raconté avoir été réveillé par l’explosion alors qu’il priait au petit matin.
Le gouvernement libanais, par la voix de son Premier ministre Nawaf Salam, a dénoncé une escalade. Il a martelé que des femmes et des enfants ne constituent pas une cible militaire. Pour lui, une maison frappée dans un village n’a rien d’une infrastructure militaire. Il a également insisté sur le fait que seul l’État libanais, avec son armée, a la responsabilité de gérer les éventuels sites militaires sur son territoire.
Le pays sort à peine d’une période de violences intenses. Tout a commencé en mars, quand le Hezbollah a pris parti pour l’Iran face aux États-Unis et à Israël. L’offensive israélienne qui a suivi a fait plus de 4 300 morts au Liban, selon les autorités locales. En juin, un accord-cadre a changé la donne. Il prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des troupes israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise dans le sud. Les bombardements ont nettement diminué, mais pas complètement cessé.
La trêve reste donc fragile. Une autre frappe a été signalée dans une vallée entre Ansar et Zarariyeh, une profondeur inhabituelle depuis deux mois. Des tirs ont aussi visé une colline stratégique au-dessus de Nabatiyé. Le Hezbollah, opposé à l’accord, a dénoncé la signature du texte par le gouvernement libanais en parlant d’humiliation. Un nouveau cycle de négociations doit se tenir à Rome début septembre. Parallèlement, le ministre israélien de la Défense a réaffirmé sa volonté de garder des soldats dans une zone de sécurité au sud du Liban, une position que Washington juge contraire aux engagements signés.
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