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L’Islande peut-elle redonner des couleurs au projet européen ?

Les Islandais votent jusqu’au 29 août sur une éventuelle reprise des négociations avec l’UE. Bruxelles espère un oui qui relancerait l’élargissement.

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L'Islande peut-elle redonner des couleurs au projet européen ?

Les Islandais votent jusqu’au 29 août sur une éventuelle reprise des négociations avec l’UE. Bruxelles espère un oui qui relancerait l’élargissement.

Jusqu’au 29 août, les 400 000 habitants de cette île volcanique perdue au milieu de l’Atlantique nord doivent répondre à une question simple en apparence. L’Islande doit-elle rouvrir les discussions avec l’Union européenne ? Derrière ce scrutin, Bruxelles retient son souffle. Une victoire du oui offrirait au bloc un nouveau souffle, lui qui n’a pas accueilli de nouveau membre depuis la Croatie en 2013.

Le pays n’en est pas à son premier essai. Après la crise financière qui a secoué son économie, Reykjavik avait déposé sa candidature en 2009. Les discussions ont duré des années, avant d’être interrompues en 2015. Aujourd’hui, le contexte a changé. Les menaces proférées contre le Groenland, ce territoire autonome danois tout proche, ont fait réfléchir les Islandais. Leur défense repose sur les États-Unis et l’Otan, et rejoindre l’UE apparaît soudain comme une protection supplémentaire. Les autorités locales parlent d’un choix bénéfique dans le contexte géopolitique actuel.

Un sondage publié fin juillet donne le camp du oui à environ 53 %. De quoi réveiller les espoirs à Bruxelles, où l’on voit en l’Islande le candidat idéal. Le pays est déjà intégré à l’espace Schengen et applique une grande partie des lois européennes via l’Espace économique européen. Après le Brexit, les progrès lents dans les Balkans et le chantier immense ouvert avec l’Ukraine, une adhésion islandaise serait une belle histoire à raconter.

Pas question pour autant de débarquer à Reykjavik avec des drapeaux bleus à douze étoiles. Les autorités islandaises ont demandé à Bruxelles de rester discrète pendant la campagne, pour éviter toute accusation d’ingérence. Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française, s’est tout de même rendu sur place fin juillet. Il a simplement noté que l’Islande n’avait absolument rien à perdre à revenir à la table des négociations. Un porte-parole de la Commission a assuré que l’Union se tiendrait prête à participer rapidement et de manière constructive si le peuple islandais le demandait.

Reste le dossier qui fâche, celui des maquereaux. L’UE accuse l’Islande de pêcher trop de ces poissons, qui remontent vers le nord à cause du réchauffement climatique. Pour l’économie locale, c’est vital et Reykjavik promet d’être ferme dans ce bras de fer. Les négociations s’annoncent compliquées, mais les diplomates restent confiants. Personne n’imagine un pays renoncer à l’Europe pour une querelle de poissons.

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