Société
Sam Altman admet ses écarts de vérité lors du procès qui l’oppose à Elon Musk

Le PDG d’OpenAI a reconnu mardi, sous la pression de l’avocat d’Elon Musk, avoir pu mentir par le passé, lors d’une audience où il défendait la transformation commerciale du laboratoire d’intelligence artificielle.
La réputation de sincérité de Sam Altman a été au cœur des débats lors de son témoignage au tribunal fédéral d’Oakland. L’avocat d’Elon Musk, Steven Molo, a immédiatement cherché à ébranler la crédibilité du dirigeant d’OpenAI, l’interrogeant sans détour sur sa fiabilité. Après avoir affirmé se considérer comme une personne sincère, Altman a finalement concédé, dans un silence tendu, qu’il lui était arrivé de ne pas dire la vérité à certains moments de sa vie.
Cette affaire judiciaire, initiée par Elon Musk, repose sur l’accusation selon laquelle Sam Altman et ses associés auraient trahi la mission non lucrative d’OpenAI. Le multimilliardaire, qui avait contribué au lancement du laboratoire en 2015 avec un don de 38 millions de dollars, estime que les fondateurs ont détourné cette vocation philanthropique pour bâtir un empire privé de l’intelligence artificielle générative.
Avant ce contre-interrogatoire musclé, Sam Altman avait plaidé sa cause avec aplomb. Il a notamment souligné que le succès de ChatGPT, avec près d’un milliard d’utilisateurs réguliers et une valorisation de 850 milliards de dollars, ne correspondait pas à sa définition d’un détournement d’organisation caritative. Vêtu d’un costume sombre, il s’est dit très fier du travail accompli et du soutien dont bénéficie la fondation, actionnaire minoritaire de la structure commerciale.
Le dirigeant a également évoqué les tensions historiques avec Elon Musk, rappelant qu’en 2017, ce dernier réclamait une part majoritaire de l’entreprise, refusant de s’engager par écrit sur un partage du pouvoir à long terme. Selon lui, confier le contrôle d’une intelligence artificielle générale à une seule personne n’était pas envisageable.
De son côté, la défense d’Elon Musk a mis en lumière des contradictions dans le récit des fondateurs d’OpenAI. Le président Greg Brockman a été confronté à ses propres écrits personnels, où il admettait vouloir gagner de l’argent, alors que sa participation dans l’entreprise est aujourd’hui estimée à environ 30 milliards de dollars. Sam Altman, bien que ne détenant pas directement d’actions d’OpenAI, bénéficie de parts via l’incubateur Y Combinator.
Elon Musk réclame désormais que la justice ordonne le retour d’OpenAI à son statut initial de fondation, une décision qui contraindrait l’entreprise à se séparer de ses investisseurs privés, dont Microsoft. Les jurés devraient entamer leurs délibérations jeudi.

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