Économie
Kevin Warsh, le banquier de Wall Street qui prend les rênes de la Fed
L’ancien gouverneur de la Réserve fédérale, propulsé à sa présidence après une carrière dans la finance et un passage remarqué au sein de l’administration Bush, devra désormais composer avec les attentes de Donald Trump et les doutes sur son indépendance.
Les sénateurs américains viennent de valider l’entrée de Kevin Warsh au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, une étape préalable à sa confirmation comme président de l’institution. À 56 ans, ce juriste de formation retrouve une maison qu’il avait quittée en 2011 après y avoir siégé comme le plus jeune gouverneur de l’histoire. Sa chevelure aujourd’hui grisonnante témoigne du temps écoulé depuis cette première expérience.
Entre ses deux passages à la Fed, M. Warsh a exercé une critique acerbe de la politique monétaire menée par l’institution. David Wessel, chercheur à la Brookings Institution, souligne que le nouveau président devra désormais gagner la confiance des équipes en place pour mettre en œuvre son programme. Il le décrit comme un homme diplomate et habile dans ses relations humaines.
Face aux accusations de l’opposition démocrate qui le présente comme un instrument de la Maison Blanche, Kevin Warsh a promis lors de son audition de garantir l’indépendance de la politique monétaire. Il a affirmé que le président ne lui avait pas demandé de baisser les taux d’intérêt et qu’il n’aurait jamais accepté une telle requête.
Les milieux financiers, qui l’ont connu comme un partisan de la rigueur contre l’inflation, observent avec attention son évolution récente. Pendant sa campagne pour la présidence de la Fed, M. Warsh a en effet multiplié les déclarations favorables aux politiques économiques de l’exécutif et suggéré que les taux pouvaient diminuer. Un changement de position qui suscite des interrogations.
Il devra désormais composer avec un conseil des gouverneurs où siègent encore Jerome Powell et Lisa Cook, que Donald Trump avait tenté d’écarter. M. Powell a choisi de rester en poste tant que des menaces politico-judiciaires pèseraient sur lui. Kevin Warsh, qui a évoqué devant les sénateurs la nécessité de réformes importantes, envisage notamment de modifier la communication de l’institution et de réduire le volume d’actifs financiers qu’elle détient.
Issu d’une famille modeste de l’État de New York, il a suivi un parcours scolaire public avant d’intégrer les prestigieuses universités de Stanford et Harvard. Après plusieurs années chez Morgan Stanley, il devient conseiller économique du président George W. Bush, spécialisé dans les marchés financiers. Ce dernier le nomme en 2006 au conseil des gouverneurs de la banque centrale pour un mandat de quatorze ans.
Son rôle actif pendant la crise financière de 2008 lui vaut des éloges, mais il quitte l’institution en 2011, jugeant qu’il était temps de durcir la politique monétaire. Il rejoint ensuite l’investisseur Stanley Druckenmiller, figure influente de Wall Street qui a soutenu sa candidature à la présidence de la Fed. Donald Trump avait déjà envisagé de le nommer en 2018, avant de lui préférer Jerome Powell.
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