Société
Le sélectionneur déchu règle ses comptes avec Netflix

Raymond Domenech, ancien entraîneur des Bleus, exprime sa colère après la diffusion d’un documentaire sur le fiasco du Mondial 2010. Il dénonce un film à charge qui trahit sa parole et sa mémoire.
Raymond Domenech, qui dirigeait l’équipe de France lors de la désastreuse campagne sud-africaine, se dit profondément blessé par le traitement que lui réserve la plateforme de streaming. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’ancien sélectionneur estime avoir été victime d’une trahison après la sortie du film consacré au psychodrame de Knysna. Il affirme que ce documentaire, loin de proposer une analyse apaisée des événements, se transforme en un réquisitoire partial et d’une violence inouïe à son encontre.
L’homme de 74 ans reproche aux producteurs d’avoir violé un accord préalable qui lui garantissait un droit de regard sur le contenu final. Il dénonce une malhonnêteté intellectuelle et affirme n’avoir jamais pu valider une version qu’il juge infidèle à ses propos et à sa personne. Selon lui, le film se complaît dans le sensationnalisme et cherche davantage à faire grimper l’audience qu’à éclairer les faits avec rigueur.
Domenech s’en prend également à l’utilisation de son journal intime, rédigé durant la compétition, dont des passages ont été extraits sans mise en perspective. Il considère que ces notes personnelles, où il exprimait ses émotions à vif, n’auraient jamais dû être divulguées de la sorte. Il évoque des propos peu flatteurs envers certains joueurs, mais insiste sur le fait qu’ils reflétaient un état d’esprit passager, dans un contexte de tension extrême.
De son côté, Netflix a tenu à préciser que le documentaire ne se voulait ni un réquisitoire ni une tribune. La plateforme assure avoir cherché à confronter les récits, en donnant la parole aussi bien à l’ancien sélectionneur qu’à trois joueurs clés de l’époque, Patrice Evra, William Gallas et Bacary Sagna. Le film, intitulé « Le Bus: Les Bleus en grève », revient sur l’atmosphère délétère qui a conduit les joueurs à boycotter leur entraînement sous les yeux du monde entier, après l’exclusion de Nicolas Anelka.

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