Planète
Ushuaïa, joyau touristique de la Patagonie, confrontée à l’ombre de l’hantavirus
La ville argentine d’Ushuaïa, porte d’entrée mythique de l’Antarctique, voit sa réputation ébranlée par les soupçons pesant sur son rôle dans l’épidémie d’hantavirus qui a frappé le navire de croisière Hondius.
Sous un ciel bas et une température proche de zéro, le port d’Ushuaïa, sur le canal de Beagle, offre un spectacle hivernal bien différent de l’effervescence estivale. Les bateaux de pêche et quelques cargos animent seuls les quais, alors que la saison des paquebots, qui attire chaque année plus de cent cinquante mille visiteurs, s’est achevée en avril. Quelques groupes de touristes, emmitouflés contre le froid, embarquent pour de courtes excursions vers les îles voisines, sans paraître inquiets. Pourtant, l’affaire du Hondius, parti de ce même port le 1er avril, plane comme une ombre.
Un visiteur colombien, venu en couple pour quelques jours, confie porter un masque à la fois pour se protéger du froid et de la situation sanitaire. Une touriste argentine, arrivée de Concordia, à plus de deux mille sept cents kilomètres de là, admet avoir eu connaissance de l’épidémie et de la présence de rongeurs, mais assure n’avoir ressenti aucune crainte lors de son séjour. À bord du catamaran qu’elle vient de quitter, personne n’a évoqué le sujet.
Les autorités locales multiplient les déclarations pour dissiper ces soupçons. Elles rappellent que l’incubation du virus rend peu probable une contamination à Ushuaïa, où le couple néerlandais n’a séjourné que quarante-huit heures avant d’embarquer. Elles soulignent également qu’aucun cas d’hantavirus n’a été recensé dans la province depuis 1996, et que le rat à longue queue, vecteur de la souche Andes, ne vit pas dans la région. Une mission scientifique de Buenos Aires doit toutefois clarifier la présence éventuelle d’une sous-espèce locale.
L’attention se porte pourtant sur une vaste décharge située à quelques kilomètres de la ville. Selon des informations non confirmées, le couple néerlandais, passionné d’ornithologie, aurait pu s’y rendre pour observer des oiseaux. Le site, semi-organisé et partiellement à ciel ouvert, attire de nombreux charognards. Les scientifiques locaux restent sceptiques, le rat à longue queue étant herbivore et ne fréquentant pas ce type d’environnement.
Malgré ces arguments, Ushuaïa reste sous le coup d’une suspicion tenace. La chambre de tourisme locale a récemment exhorté les médias à ne diffuser que des informations vérifiées et officielles. Les professionnels du secteur, comme un gérant d’entreprise de catamarans, reconnaissent que l’association de la ville à une maladie est préjudiciable, même en l’absence de preuves.
Alors que les premières neiges commencent à tomber, annonçant l’arrivée de l’hiver austral et d’une nouvelle clientèle de skieurs, certains touristes ne se laissent pas décourager. Un visiteur colombien, interrogé, affirme n’avoir aucune réticence à revenir à Ushuaïa, qu’il décrit comme une très jolie ville.
-
NewsEn Ligne 7 joursLe CBD alimentaire interdit en France dès le 15 mai
-
NewsEn Ligne 6 joursChristophe Michalak troque ses fourneaux pour le guidon et cède son empire pâtissier
-
NewsEn Ligne 5 joursUn avion de voltige s’écrase à Clermont-Ferrand, le pilote décède sur le coup
-
Faits DiversEn Ligne 4 joursSaut périlleux pour une enfant de 9 ans à Châtellerault
-
Faits DiversEn Ligne 6 joursUne chute fatale depuis une grue de 60 mètres à Rennes
-
NewsEn Ligne 4 joursBouaye sous un manteau de grêle en plein printemps
-
NewsEn Ligne 4 joursEnquête à Nice : le couple Estrosi visé par des soupçons d’usage abusif de moyens municipaux
-
SportsEn Ligne 3 joursLa double peine pour Julia Simon : son contrat avec les Douanes suspendu après sa condamnation