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Le chef de la CIA en visite secrète à La Havane au cœur de la crise énergétique cubaine

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Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu à Cuba jeudi pour un entretien inédit avec des responsables du régime castriste, alors que l’île subit une panne électrique généralisée aggravée par le blocus pétrolier américain.

La situation énergétique cubaine a atteint un point critique jeudi matin, avec la mise hors service du réseau électrique dans sept des quinze provinces du pays. En fin de journée, quatre provinces demeuraient privées de courant, selon les autorités locales. La centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, située à une centaine de kilomètres de La Havane et considérée comme la plus importante du pays, a également été touchée par une avarie technique liée à une fuite de sa chaudière.

La visite du directeur de la CIA, confirmée par les autorités cubaines, s’inscrit dans le cadre d’un dialogue politique entre les deux nations historiquement antagonistes. Les échanges ont porté sur des éléments fournis par la partie cubaine, lesquels auraient démontré que l’île ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale américaine. Les autorités cubaines ont également réfuté les allégations américaines concernant la présence de bases d’écoute chinoises sur leur territoire, affirmant qu’aucune installation militaire ou de renseignement étrangère n’existe sur l’île.

Cette rencontre intervient après un précédent contact diplomatique de haut niveau à La Havane le 10 avril, marquant la première fois qu’un avion gouvernemental américain se posait dans la capitale cubaine depuis 2016. La réunion de jeudi n’a pas encore été commentée par l’agence américaine de renseignement.

Le durcissement des sanctions américaines, amorcé par un décret présidentiel de Donald Trump fin janvier, a plongé Cuba dans une crise énergétique et économique sans précédent. Washington justifie ces mesures par la prétendue menace que représenterait l’île, située à 150 kilomètres des côtes floridiennes, pour la sécurité nationale des États-Unis. Le blocus pétrolier imposé depuis janvier interdit à tout pays de fournir ou de vendre du pétrole à Cuba, sous peine de représailles.

La situation du réseau électrique reste particulièrement préoccupante, le pays ne disposant plus de réserves de diesel et de fioul. Les délestages à répétition, pouvant durer plus de vingt heures, ont provoqué des tensions sociales dans la capitale cubaine dans la nuit de mercredi à jeudi. Des habitants ont exprimé leur exaspération en tapant sur des casseroles et en incendiant des poubelles.

Face à l’aggravation de la crise, le gouvernement cubain s’est déclaré prêt à examiner une proposition d’aide financière de cent millions de dollars émanant de Washington, à condition que cette aide soit distribuée par l’Église catholique sans passer par les autorités locales. Le président Miguel Diaz-Canel a estimé qu’une telle aide, si elle respecte les standards internationaux de l’aide humanitaire, ne rencontrerait aucun obstacle. Il a néanmoins jugé qu’une levée du blocus constituerait une solution plus simple pour soulager l’île.

Depuis fin janvier, un seul pétrolier russe chargé de brut a été autorisé à accoster à Cuba, et sa cargaison est désormais épuisée. La Havane accuse Washington d’être responsable de la situation critique du réseau électrique, tandis que les États-Unis attribuent la crise énergétique cubaine à une mauvaise gestion économique interne. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a qualifié l’économie cubaine de ruinée et dysfonctionnelle, exprimant son regret de ne pouvoir y remédier.

Washington s’est par ailleurs félicité de la libération d’une dissidente, Sissi Abascal, condamnée à six ans de prison pour sa participation aux manifestations antigouvernementales du 11 juillet 2021. Selon l’ONG Cubalex, l’opposante, membre du mouvement des Dames en blanc, a choisi l’exil.

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