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Sous la canicule, les transports publics sortent l’artillerie lourde pour rester frais

Gilets réfrigérants, fontaines à eau, pauses prolongées et toits peints en blanc : face aux étés qui s’embrasent, métros, bus et tramways innovent pour…

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Sous la canicule, les transports publics sortent l'artillerie lourde pour rester frais

Gilets réfrigérants, fontaines à eau, pauses prolongées et toits peints en blanc : face aux étés qui s’embrasent, métros, bus et tramways innovent pour protéger conducteurs et voyageurs. Sans attendre une climatisation généralisée, les réseaux tentent des parades concrètes et parfois surprenantes.

Dans le métro parisien, François Calvez a une routine bien particulière avant chaque prise de service sur la ligne 13. Il plonge dans l’eau un gilet technique, l’essore grossièrement et l’enfile par-dessus son uniforme. Le textile, conçu par la société française Technifresh, agit comme une éponge qui stocke l’humidité et la relâche lentement, sans jamais mouiller la peau. Résultat : jusqu’à dix heures de fraîcheur pour ce conducteur qui arpente les quais et les rames exposées au soleil. Depuis l’été 2024, la RATP a lancé des essais de ce vêtement sur quatre lignes non climatisées, et les tests vont s’étendre aux conducteurs de RER dès cet été. Une idée inspirée du monde du football et du bâtiment, où ces gilets sont déjà utilisés.

L’initiative ne concerne pas que les conducteurs. À Marseille, l’exploitant Transdev distribue bouteilles d’eau, crème solaire et éventails aux voyageurs. En Île-de-France, cent trente et une fontaines à eau ont été installées par IDFM pour le grand public. À Lille, les chauffeurs de bus peuvent allonger leurs pauses lors des fortes chaleurs, avec au moins vingt minutes de récupération toutes les deux heures, passées dans des espaces climatisés. Besançon, elle, a choisi de peindre les toits de ses bus en blanc pour réfléchir la chaleur, tandis que le réseau Ginko végétalise les abribus et pose des vitres fumées aux arrêts. Chaque région adapte ses solutions selon ses contraintes et ses moyens.

Mais ces astuces ne remplacent pas une vraie clim généralisée. Dans le métro parisien, seule une rame sur deux bénéficie d’une ventilation réfrigérée. À Lyon, un seul des quatre métros est climatisé, ce qui provoque des plaintes régulières sur les réseaux sociaux. Et quand le thermomètre s’affole, certains bus bordelais doivent rentrer au dépôt : leur système de clim, situé sur le toit, se met en sécurité, provoquant des perturbations. Heureusement, des évolutions mécaniques aident aussi. Un conducteur de bus parisien confie que le déplacement du moteur vers l’arrière a changé sa vie. Avant, la cabine était en ébullition. Maintenant, c’est supportable. Preuve que parfois, les petites révolutions techniques font autant que les grandes innovations.

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