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Servier mise 1,55 milliard de dollars sur un espoir contre les maladies musculaires rares

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Le laboratoire français met la main sur un traitement expérimental prometteur pour deux dystrophies musculaires génétiques. Une opération massive pour tenter de changer la vie de milliers de patients.

Servier vient de frapper un grand coup. Lundi, le groupe pharmaceutique français a annoncé l’acquisition de l’activité dystrophie musculaire de l’américain Edgewise Therapeutics. Au cœur de l’accord, il y a le sevasemten, un médicament encore en développement. Il cible deux maladies génétiques rares et graves : la dystrophie musculaire de Becker et celle de Duchenne. Ces pathologies provoquent un affaiblissement progressif des muscles, y compris le cœur et les muscles respiratoires. Pour mettre la main sur ce traitement, Servier paiera 1,55 milliard de dollars en une fois, soit environ 1,33 milliard d’euros. À cela pourraient s’ajouter jusqu’à 1,1 milliard de dollars supplémentaires, conditionnés à l’atteinte de certaines étapes réglementaires et commerciales. La transaction, déjà approuvée par les conseils des deux sociétés, devrait être finalisée au troisième trimestre 2026, après le feu vert des autorités.

Concrètement, ce rachat inclut aussi les équipes d’Edgewise spécialisées dans les dystrophies musculaires. Le sevasemten est un espoir pour des malades qui manquent cruellement de traitements. La dystrophie musculaire de Becker est un trouble génétique rare qui entraîne une perte musculaire progressive. Actuellement, aucun traitement n’est approuvé contre elle. La forme de Duchenne, plus sévère, se déclare dès la petite enfance et conduit souvent à perdre la capacité de marcher avant l’adolescence. Ces deux maladies touchent majoritairement les garçons. Le besoin médical est immense. En misant sur le sevasemten, Servier espère proposer une solution là où il n’y a rien aujourd’hui.

Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie claire. Servier se recentre sur les maladies rares en neurologie et en oncologie. Le laboratoire veut accélérer sur les traitements innovants. Pour financer cette ambition, il a vendu sa filiale de génériques Biogaran au fonds BC Partners, une opération finalisée début 2025 pour un montant estimé entre 800 millions et 1 milliard d’euros. Cette nouvelle acquisition n’est pas un coup isolé. En avril, Servier avait déjà racheté la société américaine Day One Biopharmaceuticals pour 2,5 milliards de dollars, sa plus grosse acquisition à ce jour. Edgewise Therapeutics, de son côté, pèse plus de 3,6 milliards de dollars en Bourse et développe aussi des traitements innovants pour les maladies cardiaques graves. Avec ce pari à 1,55 milliard, Servier mise sur l’espoir de changer la donne pour des patients qui attendent une réponse depuis trop longtemps.

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