Europe
Santé mentale des jeunes les promesses du gouvernement face au mur du terrain
Le gouvernement annonce un coupe file pour orienter rapidement les élèves en souffrance psychique vers un spécialiste. Mais médecins scolaires et psychiatres alertent sur un manque de moyens qui risque de rendre cette promesse difficile à tenir.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a dévoilé mardi un nouveau dispositif pour prendre en charge les jeunes en détresse mentale. Concrètement, chaque élève repéré par l Éducation nationale sur son état psychique pourra obtenir un rendez vous en 24 à 48 heures avec un psychologue ou un psychiatre. L idée est simple détecter tôt pour éviter des hospitalisations lourdes. Les professionnels de santé devront s organiser localement pour libérer des créneaux dédiés à ces urgences. Une annonce forte qui s inscrit dans le cadre de la grande cause nationale pour la santé mentale lancée en 2025.
Mais sur le terrain le fossé est immense entre l ambition affichée et la réalité des services. Le syndicat des médecins scolaires met en garde contre le risque d engorger encore plus des structures déjà sous pression. Jocelyne Grousset, cosecrétaire du SNMSU-UNSA Education, rappelle que le nombre de médecins scolaires ne cesse de diminuer alors que les situations graves explosent. Même constat du côté de la psychiatrie publique, frappée depuis des années par un manque criant de personnel et de moyens. Sans augmentation des effectifs ni refonte globale, le coupe file pourrait n être qu une mesure d affichage, incapable de répondre à l ampleur des besoins.
Le gouvernement met aussi en avant d autres actions comme le développement des premiers secours en santé mentale et le dispositif Mon Soutien Psy qui rembourse des consultations chez le psychologue. Mais ces outils sont loin de faire l unanimité. De nombreux psychologues boycottent Mon Soutien Psy, jugeant les tarifs trop bas et le nombre de séances insuffisant. Les formations aux premiers secours sont parfois critiquées pour leur manque de rigueur scientifique. Pendant ce temps, les associations de patients et les soignants réclament une véritable transformation de la psychiatrie. La ministre a aussi promis la fin des pratiques de contention physique dans les hôpitaux d ici 2030. Un objectif jugé louable mais flou, sans plan concret ni moyens supplémentaires annoncés. Comme le résume la psychiatre Rachel Bocher, on parle davantage de santé mentale aujourd hui, mais les mots ne guériront pas les maux. Le chantier reste immense.
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