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Refonte du mémorial de Rivesaltes pour faire barrage aux falsifications historiques

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Le site qui a interné plus de 60 000 personnes au XXe siècle dévoile une exposition rénovée, alors que les critiques politiques s’intensifient sur la mémoire des harkis et des pieds-noirs.

Dix ans après son ouverture, le musée-mémorial du camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, présente un nouveau parcours permanent. Cet espace, qui a connu plusieurs vagues d’internement – réfugiés espagnols, juifs, Tsiganes et harkis –, se veut un rempart contre les tensions mémorielles actuelles. La ministre déléguée aux Anciens combattants, Alice Rufo, a inauguré vendredi ce parcours repensé, fruit d’un investissement de 2,6 millions d’euros de la région Occitanie.

Céline Sala Pons, directrice du mémorial, a rappelé que l’État y a enfermé, décennie après décennie, ceux qu’il jugeait « indésirables ». Le camp, ouvert en 1939 sur une plaine aride près de Perpignan, a d’abord accueilli des exilés républicains espagnols. Puis sont venus les populations juives et tsiganes, ciblées par les lois raciales de Vichy, des prisonniers allemands et des collaborateurs après la Libération, et enfin, à partir de 1962, près de 22 000 harkis et leurs familles.

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a souligné que le mémorial veille sur la mémoire de plus de 60 000 femmes et hommes internés dans des conditions inhumaines. Elle a dénoncé une époque où la vérité historique est contestée et falsifiée, voyant dans ce lieu un rempart contre ces tentatives. À l’automne dernier, elle avait déjà critiqué le député RN Laurent Jacobelli, qui avait qualifié le mémorial de « temple du wokisme » et l’avait accusé de diffuser une pensée pro-migrants au détriment de la mémoire des harkis.

En début de semaine, Louis Aliot, maire RN de Perpignan et président de l’agglomération, a également attaqué la politique mémorielle de l’État, la jugeant « à sens unique » et défavorable à la France et à ceux qui l’ont servie. Il a notamment pointé la visite d’Alice Rufo en Algérie le 8 mai pour commémorer les massacres de Sétif en 1945, estimant que les harkis et les pieds-noirs méritent aussi des reconnaissances officielles. Il a invité la ministre à se recueillir devant le mur des disparus à Perpignan, en mémoire des victimes civiles de la guerre d’Algérie.

Le programme officiel de la ministre, diffusé jeudi, ne prévoit pas cette étape, mais elle doit débuter sa visite dans le département par un hommage devant le monument aux militaires français portés disparus en Algérie, à Port-Vendres.

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