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Raphaël Glucksmann fixe un ultimatum de trois mois pour sa candidature
Le chef de Place publique annonce une période décisive pour convaincre les électeurs de la social-démocratie et unir son camp avant l’échéance de 2027.
Le député européen Raphaël Glucksmann a lancé un compte à rebours de trois mois pour déterminer s’il briguerait la présidence de la République. Lors de son passage sur TF1, il a déclaré vouloir parcourir le territoire et proposer un nouveau contrat patriotique, tout en affirmant qu’il ne serait pas un candidat supplémentaire sur l’échiquier de la gauche démocratique. Il a précisé que cet espace politique ne présenterait qu’une seule candidature, celle de la personne la mieux placée pour rassembler.
L’eurodéputé, qui figure parmi les favoris des sondages pour la gauche sociale-démocrate, a exprimé la conviction que cette voie était la seule capable de faire barrage à l’extrême droite lors de l’élection de 2027. Il a souligné sa responsabilité, rappelant avoir obtenu 14% des suffrages aux européennes de 2024, un score inédit pour la social-démocratie en une décennie. Il se dit comptable de l’espoir suscité par ce résultat.
Alors que le Parti socialiste est paralysé par des discussions internes sur la désignation de son candidat, Glucksmann entend enterrer définitivement l’idée d’une primaire de la gauche non mélenchoniste, défendue par Olivier Faure et Marine Tondelier. Cependant, sa formation politique, Place publique, manque de la structure nécessaire pour soutenir une candidature d’envergure. Il doit donc convaincre une partie des socialistes et des électeurs déçus par la macronie de se rallier à lui.
La concurrence est rude, notamment avec l’ancien président François Hollande, qui reste en embuscade. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, crédité de 16% des intentions de vote, est accusé par Glucksmann d’être un agent électoral de l’extrême droite, car il perdrait au second tour face à Marine Le Pen ou Jordan Bardella selon les sondages.
Pour marquer son entrée en campagne, l’eurodéputé organise un premier grand meeting le 13 juin à Aubervilliers, qu’il présente comme un message d’espérance. Il multipliera également les interventions médiatiques autour de la parution de son livre « Nous avons encore envie », prévue jeudi.
Sur le fond, Glucksmann propose un nouveau contrat patriotique visant à restaurer la puissance de la France et à redonner aux citoyens la maîtrise de leur destin. Il avance des mesures qui pourraient diviser son camp, comme l’instauration d’un service civique obligatoire de dix mois, ou encore une convention citoyenne sur l’immigration pour ne pas fuir le débat. Il fait de la sécurité un axe majeur de son programme et promet un rééquilibrage de la fiscalité entre le travail, le capital et l’héritage.
L’éducation figure également parmi ses priorités, avec une promesse d’augmentation des salaires et des effectifs enseignants. Il défend aussi la création d’un passeport pour l’émancipation, garantissant à chaque enfant un séjour collectif, en remplacement des colonies de vacances en déclin.
Critiqué pour son supposé parisianisme, Glucksmann a répondu aux accusations concernant une note de conseiller lui suggérant d’éviter certaines cibles électorales comme les banlieues ou les jeunes. Il affirme avoir jeté cette note à la poubelle et assure vouloir renouer le dialogue avec la France des pavillons, dont la gauche, selon lui, ne comprend plus les besoins et les aspirations.
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