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Quand l’Euphrate noie les espoirs des paysans syriens

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Des centaines d’hectares de champs sous les eaux. En Syrie, des agriculteurs assistent impuissants à la destruction de leurs récoltes, victimes d’une crue historique.

Debout dans ses champs détrempés, Issa al-Moussa regarde son blé pourrir sous l’eau. Ce paysan de la province de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie, a tout perdu. Six dounams de terre, soit 6000 mètres carrés, engloutis. Chaque dounam lui avait coûté un million de livres syriennes, environ 75 dollars. Aujourd’hui, plus rien. « Cette terre est perdue », lâche-t-il, impuissant. Comme lui, des centaines d’agriculteurs voient leur unique source de revenus disparaître sous les flots. Dans la région, environ 500 hectares ont été inondés à Deir Ezzor, et 150 autres dans le village d’Al-Mahoukiya à Raqqa. L’eau a encerclé des maisons, noyé des cultures. Personne ne sait quand elle se retirera.

La cause de cette catastrophe, c’est l’Euphrate. Le fleuve prend sa source en Turquie, traverse la Syrie et l’Irak. Cette année, les précipitations ont été exceptionnellement fortes. Les autorités turques ont ouvert les vannes de leurs barrages, notamment celui d’Atatürk, pour évacuer l’excédent d’eau. Résultat, le niveau du fleuve a grimpé de près de quatre mètres en Syrie. Les autorités syriennes dénoncent une alerte trop tardive. Le ministre de l’Énergie, Mohammad Bachir, affirme que la Turquie les a prévenus quand il était déjà trop tard. Les agriculteurs, eux, crient leur colère. « On ne nous a pas informés, nos terres ont disparu », s’emporte Issa al-Moussa. Ils réclament des compensations, des prix plus élevés pour leur blé et leur coton, des engrais et du carburant. Mais pour l’instant, l’État semble débordé.

L’eau a aussi mis hors service une soixantaine de stations de pompage. Dans les villages, les ponts de terre se sont effondrés. Les habitants traversent désormais le fleuve en barque, une traversée risquée tant que la crue n’a pas baissé. À Raqqa, le niveau a légèrement diminué de 60 centimètres en 24 heures, mais la crise est loin d’être finie. Les autorités ont décrété l’état d’urgence et renforcent les digues. Dans le village de Kharita, Mohammad Khadr al-Hussein, 27 ans, raconte la nuit où l’eau est montée brutalement. « Nous avons été surpris en plein sommeil. Nous sommes sortis sous les étoiles avec les vêtements sur le dos. Nous avons laissé nos biens, nos maisons, nos champs. Il ne nous reste plus rien. » Paysan endetté chaque début d’année, il espérait sa récolte pour rembourser. Aujourd’hui, la perte est double. L’argent a disparu avec les épis de blé. Et l’avenir, lui, reste sous les eaux.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Iselin

    2 juin 2026 at 9 h 34 min

    Pauvres Gens ,il nous faut prier pour eux, DIEU est TOUT PUISSANT,IL change le mal en bien .
    DIEU vous bénisse et vous aide

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