Politique
Protection de la jeunesse : une commission parlementaire préconise l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans

Face à l’exposition massive des mineurs à des contenus préjudiciables, les députés recommandent des mesures restrictives et un encadrement renforcé des plateformes numériques.
Les réseaux sociaux devraient être interdits aux jeunes de moins de quinze ans. C’est la principale conclusion d’une commission d’enquête parlementaire consacrée aux effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Le rapport, rendu public jeudi, met en lumière les dangers liés à l’exposition précoce et non régulée à ces plateformes. Les élus dénoncent un environnement numérique saturé de vidéos promouvant l’automutilation, le suicide ou diverses formes de violence, amplifiées par des algorithmes de recommandation jugés prédateurs.
Pour les rapporteurs, cette interdiction constituerait un signal fort à destination des familles, leur rappelant que l’accès aux réseaux sociaux n’est pas anodin avant cet âge. La commission propose également un couvre-feu numérique pour les adolescents de quinze à dix-huit ans, qui rendrait ces applications indisponibles entre 22 heures et 8 heures. Elle suggère en outre le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation aux risques et l’instauration d’un délit de négligence numérique à l’encontre des parents qui ne superviseraient pas suffisamment les usages de leurs enfants.
L’initiative parlementaire s’appuie sur plusieurs mois d’auditions et de travaux, ayant mobilisé des experts, des familles de victimes et des représentants des plateformes. Certains parents ont témoigné de leur impuissance face à la facilité avec laquelle les mineurs accèdent à des contenus nocifs. Une mère, ayant perdu sa fille majeure, a confié avoir découvert a posteriori les publications liées à l’automutilation que celle-ci consultait et partageait en ligne.
TikTok a vivement contesté les conclusions de la commission, estimant être injustement pris pour cible alors que ces problématiques concernent l’ensemble du secteur. La plateforme affirme déployer plus de soixante-dix fonctionnalités de protection des mineurs et faire de leur sécurité une priorité absolue. Malgré ces assurances, les parlementaires maintiennent que l’architecture même de l’application favorise une consommation compulsive et expose les jeunes à des risques psychosociaux avérés.
Les députés entendent désormais déposer une proposition de loi transpartisane afin de concrétiser ces recommandations. Ils espèrent un large consensus politique, indépendamment des majorités à venir. La mise en place d’un système fiable de vérification d’âge à l’inscription est présentée comme la clé de voûte du dispositif. La France pourrait ainsi devenir le premier pays européen à légiférer spécifiquement sur ce sujet, ouvrant la voie à une régulation plus protectrice des mineurs en ligne.

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