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Prêts à tout pour fuir la haine le calvaire des Malawiens dans un camp de fortune à Durban

Des milliers de Malawiens, chassés par une vague de violences antimigrants, survivent dans un camp de fortune à Durban. Sans eau potable ni toilettes…

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Prêts à tout pour fuir la haine le calvaire des Malawiens dans un camp de fortune à Durban

Des milliers de Malawiens, chassés par une vague de violences antimigrants, survivent dans un camp de fortune à Durban. Sans eau potable ni toilettes suffisantes, ils n’attendent qu’une chose monter dans un bus pour rentrer chez eux.

Dans un terrain vague de Sherwood Park, à Durban, l’odeur d’urine et d’excréments flotte en permanence. Ici, jusqu’à 10 000 hommes, femmes et enfants s’entassent sous des tentes pour affronter les nuits froides de l’hiver austral. Quelques toilettes portatives ont été installées mais elles sont saturées depuis longtemps et des cas de diarrhée ont déjà été signalés. Des associations caritatives et religieuses distribuent de l’eau, de la nourriture, des serviettes hygiéniques et des couches pour bébés, mais les files d’attente sont interminables. Ces Malawiens ont tout abandonné pour fuir une campagne xénophobe qui s’est intensifiée ces derniers mois dans tout le pays. Ils vivent désormais dans l’attente d’un bus qui doit les ramener chez eux, à plus de 2 000 kilomètres de là.

Hasani Ahmadi, 25 ans, a passé dix ans en Afrique du Sud où il fabriquait des cercueils dans une petite entreprise. Aujourd’hui, il n’a qu’une obsession rentrer. Il raconte avoir participé à une manifestation spontanée pour faire fuir des partisans d’un groupe antimigrants venus les provoquer. Pourquoi viennent-ils nous harceler alors que nous sommes en train d’essayer de partir, dit-il. Gazembe Bwana, 44 ans, artisan carreleur, a vécu 14 ans dans le pays où il a rencontré sa compagne. Il part avec un seul sac, laissant derrière lui sa voiture et ses effets personnels. Il a demandé à sa compagne de tout vendre pour qu’elle puisse vivre. Il résume sa douleur en quelques mots j’ai travaillé si dur, je n’ai pris le travail de personne.

La police a dû intervenir mercredi pour disperser un groupe de migrants qui refusaient d’être transférés vers un centre de vérification des papiers. Des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été utilisés. Nasira Mbongo, enceinte de huit mois, a inhalé les gaz et a du mal à respirer. Elle attend depuis lundi, a signé tous les documents, mais son nom n’a toujours pas été appelé. Elle ne veut qu’une chose accoucher en sécurité chez elle au Malawi. Sa logeuse à Durban avait reçu l’ordre de faire partir tous les étrangers, sous peine de voir sa propriété brûlée. Depuis plusieurs mois, des manifestations réclament le départ des immigrés clandestins, accompagnées d’une vague de haine en ligne. Le Ghana, le Nigeria et le Mozambique ont déjà commencé à rapatrier leurs ressortissants. Des bus ont déjà emmené plus de 1 300 femmes, enfants et malades vers le Malawi, mais des milliers d’autres attendent encore. Beaucoup reconnaissent ne pas avoir de papiers en règle, attirés par des promesses d’emploi dans les usines, les mines ou comme employés de maison. Aujourd’hui, ils ne veulent plus qu’une chose retrouver leur pays.

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