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Près de 900 000 fonctionnaires vont recevoir un petit coup de pouce pour rester au niveau du Smic

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862 000 agents publics vont toucher une indemnité pour que leur salaire de base ne passe pas sous le Smic, réévalué au 1er juin. Une mesure qui cache un malaise plus profond sur l’attractivité des métiers publics.

Cette indemnité différentielle, c’est le nom officiel, vise à garantir qu’aucun agent ne gagne moins que le salaire minimum après la hausse automatique de 2,41% liée à l’inflation. Le montant maximum prévu est de 65,28 euros bruts par mois. Ce n’est pas une augmentation générale, juste un rattrapage pour ceux dont la rémunération indiciaire, c’est-à-dire le salaire de base hors primes, serait dépassée par le Smic. En clair, l’État comble l’écart pour que le socle indiciaire reste au moins égal au minimum légal.

Concrètement, 306 000 agents de la fonction publique d’État sont concernés, ainsi que des personnels des hôpitaux et des collectivités territoriales. Mais le calcul ne prend en compte que le traitement indiciaire, pas les primes ni les indemnités spécifiques. Or ces primes représentent en moyenne 23,9% du salaire brut pour les agents de catégorie C et 28,6% pour ceux de catégorie B. Un détail qui fait bondir les syndicats, car beaucoup de fonctionnaires voient leur rémunération de base coller de plus en plus près au Smic, sans que leur pouvoir d’achat réel soit amélioré.

La Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière a d’ailleurs dénoncé une accélération de cette tendance. Selon elle, la grande majorité des agents sont aujourd’hui bloqués au niveau du Smic ou juste au-dessus. Le gouvernement a pourtant lancé un cycle de discussions en avril sur les rémunérations dans la fonction publique. Mais les huit syndicats représentatifs, de la CGT à la CFDT en passant par FO et Solidaires, estiment qu’aucune mesure concrète n’est proposée. Ils ont même quitté la table d’une première réunion. Il y a deux semaines, ils ont écrit directement au Premier ministre Sébastien Lecornu pour demander une revalorisation du point d’indice, ce chiffre qui sert à calculer le salaire de base de tous les agents. À ce jour, aucune réponse officielle. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, rappelle que 60 000 postes sont vacants dans l’ensemble de la fonction publique, faute d’attractivité. La rémunération, dit-elle, est un levier essentiel pour donner envie de rejoindre ces métiers. Les syndicats doivent tenir une conférence de presse commune mercredi pour maintenir la pression.

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