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Poutine face à une économie russe qui donne des signes d’essoufflement

Le président russe s’apprête à s’exprimer au grand forum de Saint-Pétersbourg. Derrière le faste, les indicateurs économiques virent au rouge et les…

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Poutine face à une économie russe qui donne des signes d’essoufflement

Le président russe s’apprête à s’exprimer au grand forum de Saint-Pétersbourg. Derrière le faste, les indicateurs économiques virent au rouge et les petites entreprises serrent les dents.

Vladimir Poutine prend la parole ce vendredi à Saint-Pétersbourg, devant un parterre d’investisseurs venus principalement de Chine et du Golfe. Le forum, autrefois surnommé le « Davos russe », n’a plus grand-chose à voir avec les grands rendez-vous d’avant-guerre. Les invités occidentaux se font rares, remplacés par des figures comme l’acteur Steven Seagal ou la complotiste Candace Owens. Mais surtout, l’ambiance est gâchée par un panache de fumée noire en arrière-plan des quais : des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à quelques kilomètres, juste avant l’ouverture.

Le contexte économique, lui, n’a rien d’une fête. La Russie entre dans une phase de stagnation, selon l’économiste Alexandre Koliandre, basé à Londres. L’inflation reste élevée, les taux d’intérêt plombent l’investissement, et les pénuries de main-d’œuvre se creusent. Au premier trimestre, le PIB a reculé de 0,2 % la première baisse en trois ans. Le déficit budgétaire atteint déjà 80 milliards de dollars sur les quatre premiers mois de l’année, plus que prévu pour l’ensemble de 2026. Pourtant, Poutine balaie ces signaux d’un revers de main, citant Mark Twain : « Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées. »

Sur le terrain, les Russes ordinaires ressentent la pression. Svetlana, propriétaire d’une marque de vêtements à Khabarovsk, voit ses coûts grimper et son terminal de paiement souvent hors service à cause des coupures d’internet imposées pour contrer les drones. Vera, gérante d’un salon de beauté près de Moscou, a vu ses fournitures doubler de prix. Pour l’instant, elle relativise, mais beaucoup de petites entreprises interrogées par l’AFP disent risquer la fermeture. Le pays tient encore grâce à ses réserves financières et à la hausse des exportations d’hydrocarbures, mais le scénario d’une « lente dégradation de tous les secteurs » semble se dessiner.

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