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Peter Magyar somme le président hongrois de quitter son poste

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Le nouveau Premier ministre a lancé un ultimatum au chef de l’État lors d’une entrevue tendue. Si Tamas Sulyok ne démissionne pas, une procédure de destitution sera enclenchée sans attendre.

Peter Magyar est passé des mots aux actes. À peine installé au pouvoir après la victoire écrasante de son parti Tisza le mois dernier, il a convoqué le président Tamas Sulyok pour un face-à-face. Le ton était sec. Le message, sans ambiguïté : démissionner ou être destitué. Le nouveau dirigeant reproche à l’ancien avocat de 70 ans d’être une marionnette de Viktor Orban, l’ex-homme fort du pays qui a régné seize ans. Selon lui, Sulyok n’a pas su incarner l’union nationale sur des sujets majeurs. Il aurait plutôt servi les intérêts du clan Fidesz, qui l’a élu en mars 2024 grâce à sa majorité parlementaire de l’époque.

Le président a refusé de plier. Sur Facebook, il a réaffirmé son intention de rester en poste. La Constitution le protège, dit-il, jusqu’en 2029. Mais Magyar tient un autre argument. Fort de sa majorité absolue au Parlement, il veut réformer la loi fondamentale pour évincer les personnalités nommées par l’ancien régime. La procédure de destitution pourrait durer un mois. Le nouveau Premier ministre parle de « retirer toutes les marionnettes qui ont participé à démanteler l’État de droit et la démocratie ». De son côté, le Fidesz dénonce un « ultimatum illégal » et rappelle que le mandat présidentiel court jusqu’à son terme légal.

Le poste de président est surtout protocolaire en Hongrie, mais il n’est pas totalement impuissant. Sulyok peut renvoyer des lois au Parlement pour un second examen ou saisir la Cour constitutionnelle. De quoi potentiellement ralentir les réformes radicales promises par Tisza. Le chef de l’État met en garde : si Magyar persiste, la crise constitutionnelle qui en découlera creusera les divisions dans la société et ternira l’image internationale de la démocratie hongroise. Pour l’instant, les deux hommes campent sur leurs positions. L’affrontement ne fait que commencer.

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