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Nucléaire blindés et avions le nouveau pari défense de la France et l’Allemagne

Face à la menace russe et au désengagement américain, Paris et Berlin tentent de relancer leur coopération militaire. Un exercice nucléaire inédit dès…

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Nucléaire blindés et avions le nouveau pari défense de la France et l'Allemagne

Face à la menace russe et au désengagement américain, Paris et Berlin tentent de relancer leur coopération militaire. Un exercice nucléaire inédit dès 2026 fait figure de symbole, mais les projets d’avion et de char communs restent dans l’impasse.

Le geste est fort. Pour la première fois depuis 1945, des soldats allemands vont participer à un exercice nucléaire français. En 2026, un Rafale des forces stratégiques françaises se posera sur la base de Nörvenich, en Allemagne. Une « première étape opérationnelle » pour ce qu’Emmanuel Macron appelle la « dissuasion avancée ». L’idée associe huit pays européens à l’arme atomique française, mais sans jamais partager la décision de tir. Ce pouvoir reste l’apanage exclusif du président français. Le geste est avant tout politique : montrer que l’Europe peut compter sur elle-même, alors que les États-Unis demandent à leurs alliés de l’Otan d’augmenter leurs dépenses militaires.

Mais ce symbole cache des chantiers en difficulté. Le projet d’avion de combat du futur, le Scaf, censé remplacer l’Eurofighter et le Rafale à partir des années 2040, est au point mort. Les discussions ont capoté en juin après neuf ans de querelles entre Airbus et Dassault. Officiellement, seul le volet « moteurs associés » est arrêté. Les deux pays assurent vouloir travailler sur un standard commun pour que tous leurs systèmes de combat en vol, des drones aux chasseurs, puissent dialoguer. Même flou pour le char du futur MGCS, dont l’avenir est suspendu au report de l’entrée en bourse du groupe KNDS. Paris et Berlin disent vouloir une introduction rapide, mais seulement « en fonction des conditions de marché ». Pas de date, pas de certitude.

Le temps presse. C’était le dernier conseil franco-allemand d’Emmanuel Macron, qui quittera l’Élysée dans un an. La victoire possible de l’extrême droite en France ajoute de l’incertitude. Le chancelier Friedrich Merz joue la continuité, promettant une main tendue « quelle que soit la décision des électeurs ». Macron, lui, rappelle qu’il faut se méfier des sondages et mise sur le peuple français. En attendant, les deux dirigeants ont fixé des feuilles de route pour septembre sur des sujets clés : protection de l’industrie européenne, budget européen, union des marchés de capitaux. Et une position commune face à la Chine, accusée de concurrence déloyale. D’ici là, les projets concrets restent suspendus au calendrier politique et aux compromis industriels.

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