Monde
L’or des rivières afghanes, une quête millimétrée pour survivre

Dans l’est de l’Afghanistan, des centaines d’hommes scrutent le lit des cours d’eau à la recherche de pépites minuscules. Cette activité de subsistance, désormais encadrée, illustre la précarité économique qui règne dans les zones rurales du pays.
Au cœur des montagnes de la province de Kunar, le cours tumultueux de la rivière éponyme attire une foule singulière. Des centaines d’individus, armés de pioches, de tamis et de bidons, y mènent une patiente collecte. Leur objectif se mesure à l’échelle du millimètre. Ils recherchent des fragments d’or dont la taille, le plus souvent, n’excède pas celle d’un grain de blé.
Cette pratique, qui remonte à une quinzaine d’années, s’est progressivement imposée comme une source de revenus vitale dans une région où les opportunités économiques se font rares. Les techniques, initialement importées par des chercheurs venus de provinces minières, ont été adoptées par les populations locales. Les méthodes sont entièrement manuelles. Certains creusent le lit asséché de la rivière pour en extraire des pierres, qu’ils lavent et tamisent méticuleusement. D’autres attaquent les flancs de la montagne, descendant ensuite les gravats sur leur dos pour les traiter au bord de l’eau.
Le rendement de ce labeur reste dérisoire. Une semaine d’efforts peut aboutir à la récolte d’un gramme à peine de métal précieux. Cette quantité, une fois vendue, peut rapporter l’équivalent d’une centaine d’euros, une somme considérable dans le contexte local. Pour beaucoup, cette activité représente la seule alternative à l’exode, remplaçant des emplois disparus dans le bâtissement ou l’agriculture.
Les autorités provinciales indiquent avoir été contraintes d’intervenir face aux dérives de cette ruée artisanale. L’utilisation ponctuelle d’engins mécaniques, dénoncée par des habitants pour son impact sur l’environnement fluvial et montagneux, a conduit à un encadrement strict. Seules les pratiques traditionnelles, non motorisées, sont désormais tolérées. Cette régulation vise à préserver les écosystèmes tout en permettant à cette économie de survie de se perpétuer. Des milliers de personnes dépendraient ainsi de l’orpaillage dans la seule province de Kunar, un chiffre qui souligne l’importance de cette quête précaire au pied des sommets enneigés.

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