Économie
L’onde de choc économique qui vient du Moyen-Orient


Les perspectives de croissance mondiale s’assombrissent sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des engrais. En France, la croissance attendue pour 2026 est revue à 0,7%, un chiffre qui donne le tournis.
Les experts économiques viennent de tirer la sonnette d’alarme. Même si le conflit au Moyen-Orient s’arrêtait demain, ses conséquences financières continueraient de se faire sentir pendant des mois. Les infrastructures détruites, les routes maritimes bloquées et les chaînes d’approvisionnement désorganisées ne se réparent pas en un claquement de doigts. Avant la guerre, l’économie mondiale tournait plutôt bien, portée par l’essor des technologies. Mais la flambée des prix du pétrole et du gaz a changé la donne. Résultat, le pouvoir d’achat des consommateurs s’effrite, la confiance des entreprises s’évapore, et les pénuries s’installent.
Deux scénarios sont sur la table. Le premier, optimiste, table sur une reprise rapide des négociations de paix. Dans ce cas, la croissance mondiale serait ramenée à 2,8% en 2026, avant de rebondir à 3,1% en 2027. Les prix de l’énergie baisseraient à partir du milieu de l’année prochaine, et l’inflation refluerait. Le second scénario, plus sombre, imagine une guerre qui dure jusqu’en 2027. Là, le coup serait beaucoup plus rude. La croissance tomberait à 2,1% en 2026, puis à 1,8% en 2027. Plusieurs pays frôleraient la récession, le chômage grimperait, et les banques centrales seraient obligées de remonter leurs taux d’intérêt.
Les conséquences ne sont pas les mêmes partout. Les économies asiatiques, très dépendantes des importations du Moyen-Orient, sont en première ligne. Mais personne n’est épargné. Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont tellement interconnectées que le moindre blocage se répercute partout. Le verrouillage du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le pétrole et le gaz liquéfié, a déjà fait flamber les prix de l’énergie. Et ce n’est pas tout. Le secteur agricole souffre, les prix alimentaires montent, et même les industries de pointe comme l’intelligence artificielle sont menacées. Les centres de données, gourmands en électricité, voient leurs coûts exploser, tandis que les matériels critiques deviennent plus rares.
En France, la note est salée. Dans le scénario le plus favorable, la croissance attendue pour 2026 est abaissée à 0,7%, soit un recul de 0,1 point par rapport aux prévisions précédentes. Les économistes appellent à la prudence. Les mesures de soutien aux ménages et aux entreprises doivent être ciblées et limitées dans le temps, pour ne pas creuser davantage les déficits publics. Mais si la guerre devait durer, il faudra sans doute aller plus loin. Les banques centrales, elles, sont invitées à rester vigilantes. Si les tensions sur les prix s’étendent ou si la croissance ralentit trop fortement, un ajustement monétaire pourrait devenir nécessaire.





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