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Culture

L’oiseau de pierre et les ancêtres retrouvent la terre natale

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_**Le Cap a officiellement rendu au Zimbabwe une sculpture emblématique et des dépouilles humaines, marquant une étape significative dans le processus de réparation historique entre les deux nations.**_

Dans un geste chargé de symbolisme, les autorités sud-africaines ont procédé à la remise d’un patrimoine culturel et humain longtemps conservé sur leur sol. Une cérémonie solennelle s’est tenue dans un musée de la ville du Cap, où des représentants des deux pays ont acté le retour d’une statue sacrée et de restes mortuaires datant de l’ère coloniale.

Huit cercueils, drapés aux couleurs du Zimbabwe, ont été alignés pour leur dernier voyage. Ces dépouilles, exhumées il y a plus d’un siècle dans un contexte scientifique contestable, n’avaient depuis jamais quitté les réserves des institutions muséales. L’une d’entre elles serait celle d’un chef traditionnel dont les ossements furent prélevés en 1910. Une autre pourrait appartenir à un individu exécuté après des accusations de pratiques occultes. Le gouvernement zimbabwéen a annoncé qu’une étude serait menée avant de leur offrir une sépulture définitive sur leur terre d’origine.

Parmi les objets restitués figure également une sculpture en stéatite représentant l’oiseau du Zimbabwe, un emblème national. Cette pièce majeure fut arrachée à la fin du XIXe siècle des ruines du Grand Zimbabwe, un site classé au patrimoine mondial. Après avoir été acquise par l’homme d’affaires et homme politique Cecil Rhodes, elle était demeurée en Afrique du Sud depuis cette époque. Sa restitution intervient plusieurs décennies après le retour de quatre autres statues similaires, survenu peu après l’indépendance du Zimbabwe.

Ces oiseaux de pierre, qui ornaient autrefois des colonnes monumentales, sont profondément ancrés dans l’identité du pays, figurant sur sa monnaie et ses emblèmes officiels. Leur restitution s’inscrit dans un mouvement plus large de retour d’œuvres et de vestiges culturels vers leurs pays d’origine, un débat qui anime de nombreuses anciennes puissances coloniales. Le site du Grand Zimbabwe, actuellement en cours de rénovation grâce à un financement international, demeure l’un des témoignages architecturaux les plus imposants de l’Afrique précoloniale.

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