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Économie

L’Iran et les États-Unis échangent des frappes et ravivent les tensions au Moyen-Orient

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Les frappes les plus importantes depuis le début de la trêve menacent les négociations de paix, alors que les combats s’intensifient également au Liban.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Téhéran et Washington ont procédé à des frappes d’une intensité inédite depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril. Ces échanges mettent en péril les pourparlers visant à mettre un terme au conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis la fin février. Sur le front libanais, l’armée israélienne a élargi sa zone d’opérations, alors que la cessation des hostilités avec le Hezbollah constitue une condition majeure de l’Iran pour parvenir à un accord.

La guerre, qui entre dans son quatrième mois, a déjà causé des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban, et continue de déstabiliser les marchés énergétiques mondiaux. Un responsable américain, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a indiqué que quatre drones d’attaque iraniens représentant une menace autour du détroit d’Ormuz avaient été abattus. Il a précisé que l’armée américaine avait également ciblé une station de contrôle au sol près de Bandar Abbas, empêchant le lancement d’un cinquième appareil. Ces actions ont été présentées comme mesurées et défensives, destinées à préserver la trêve. En réponse, l’Iran a dénoncé des violations répétées du cessez-le-feu par les États-Unis et promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté, après que trois fortes explosions ont été signalées près de Bandar Abbas.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir visé une base américaine en représailles, tandis que l’armée koweïtienne a rapporté faire face à des attaques de drones. La télévision d’État iranienne a également fait état de tirs de semonce à l’encontre de quatre navires tentant de franchir le détroit d’Ormuz, sans préciser leur nationalité. Dans la capitale iranienne, l’inquiétude grandit parmi la population, comme en témoigne Amir, un développeur de logiciels de 27 ans, qui confie redouter chaque soir des frappes de missiles.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que l’Iran et les États-Unis se trouvaient dans une zone très dangereuse entre la guerre et la paix, soulignant qu’il n’était dans l’intérêt de personne de poursuivre ce conflit. De son côté, le président américain Donald Trump a réitéré mercredi la menace d’une reprise des hostilités, affirmant que l’Iran souhaitait un accord mais que les discussions n’étaient pas encore satisfaisantes. Téhéran cherche notamment à obtenir la levée du blocus américain sur ses ports et le déblocage de 24 milliards d’avoirs gelés à l’étranger, avec la moitié disponible dès l’annonce d’un protocole d’accord. Les États-Unis exigent pour leur part la destruction du stock d’uranium hautement enrichi iranien, une demande que Téhéran rejette en niant toute ambition nucléaire militaire.

Les Bourses européennes étaient en baisse jeudi et les prix du pétrole en hausse, la situation éloignant la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Au Liban, les bombardements et les combats se poursuivent malgré un autre cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. L’armée israélienne a frappé des cibles du Hezbollah à Tyr, après avoir étendu sa zone de combat jusqu’au fleuve Zahrani. Le ministère libanais de la Santé a déploré onze morts, dont deux enfants, dans ces frappes. Une soldate israélienne a également été tuée par un engin explosif du Hezbollah.

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