Culture
L’Inde lance le premier long-métrage entièrement conçu par intelligence artificielle
Bollywood franchit une étape historique avec « Maharaja in Denims », une production pionnière dont les personnages et l’univers visuel sont nés d’algorithmes. Cette innovation ouvre une ère nouvelle pour la création cinématographique.
Le paysage du cinéma indien connaît une transformation sans précédent. Un long-métrage intégralement généré par intelligence artificielle, « Maharaja in Denims », s’apprête à faire son entrée dans les salles obscures. Cette production, adaptée du roman à succès de Khushwant Singh, marque une première pour l’industrie de Bollywood, réputée pour sa productivité annuelle de plusieurs milliers de films.
Le projet est porté par la société Intelliflicks, fondée par l’écrivain lui-même et un ancien cadre de Microsoft. L’ambition initiale était de démontrer la faisabilité d’une œuvre cinématographique de longue durée utilisant exclusivement des outils d’intelligence artificielle. Le récit, qui suit un adolescent se croyant la réincarnation d’un souverain sikh du XIXe siècle, aurait nécessité un budget considérable dans le cadre d’une production classique. Grâce aux technologies employées, les coûts ont été réduits de manière drastique, éliminant les dépenses traditionnelles liées aux cachets d’acteurs, aux décors physiques et aux aléas des tournages.
Le processus de création s’est toutefois heurté à des défis techniques spécifiques. Les algorithmes disponibles se sont avérés moins performants pour modéliser avec précision les traits des visages indiens, une difficulté inattendue qui a complexifié la réalisation. Par ailleurs, l’évolution constante des logiciels a obligé l’équipe, réduite à une poignée de personnes, à retravailler fréquemment le montage pour intégrer les améliorations successives.
Seule la bande originale échappe à la génération algorithmique. La musique a été composée et interprétée par des artistes, dont le chanteur ayant participé à la musique du film « Slumdog Millionaire ». Un choix justifié par l’importance capitale de l’élément musical dans la culture cinématographique indienne.
Les promoteurs du film y voient bien plus qu’une simple curiosité technologique. Ils estiment que cette méthode de production pourrait à terme démocratiser la création cinématographique à l’échelle mondiale. En abaissant radicalement les barrières financières et logistiques, elle permettrait à de nouveaux talents, où qu’ils se trouvent, de concrétiser leurs visions sans dépendre des infrastructures des grands studios.
La sortie de « Maharaja in Denims » est attendue pour la fin de l’été. Son arrivée sur les écrans constitue un jalon symbolique fort, annonçant une possible reconfiguration des métiers et des économies du septième art.
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