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L’ex-patron de l’antidrogue condamné pour trafic ne fait pas appel

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François Thierry, ancien chef de l’Office anti-stupéfiants, a renoncé à contester sa condamnation à un an de prison avec sursis pour complicité dans un trafic de sept tonnes de cannabis. Sa peine est désormais définitive, refermant un chapitre qui a profondément ébranlé la lutte antidrogue en France.

Le parquet de Bordeaux a confirmé mardi que l’ex-patron de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants n’avait pas interjeté appel de sa condamnation, prononcée en mars dernier. Pourtant, à l’issue du procès, ses avocats avaient dénoncé une « condamnation injuste » et laissé entendre qu’ils feraient appel. Ce revirement surprend. Le tribunal de Bordeaux avait reconnu François Thierry coupable d’avoir « apporté son aide à un trafic » au profit de son principal informateur, Sophiane Hambli. Une affaire qui a conduit à une réforme en profondeur des méthodes antidrogue.

Au cœur du dossier, une stratégie controversée baptisée « Myrmidon ». Quand il dirigeait l’office entre 2010 et 2016, François Thierry défendait une approche audacieuse infiltrer les filières via des indicateurs, quitte à laisser la drogue entrer sur le territoire pour mieux démanteler les têtes de réseau. C’est dans ce cadre que Sophiane Hambli, son indic, a été au centre d’une opération XXL en 2015. Sept tonnes de résine de cannabis devaient être livrées à Paris sous surveillance policière. Mais les douanes, en pleine guerre des services, ont saisi la cargaison dans des fourgonnettes garées dans un quartier huppé. Un « naufrage opérationnel », avait reconnu François Thierry à la barre, tout en jurant n’avoir jamais voulu dissimuler quoi que ce soit.

François Thierry avait également été jugé pour avoir organisé une garde à vue fictive de Sophiane Hambli en 2012, mais il a été acquitté pour ces faits en 2024. Aujourd’hui, il dirige le Service de la transformation numérique de la police nationale. Sophiane Hambli, lui, a écopé de 20 ans de prison par contumace, car il est détenu au Maroc. Le parquet a fait appel de cette peine ainsi que de celles de cinq autres prévenus, tandis que d’autres condamnés ont écopé de peines allant jusqu’à huit ans de prison. L’affaire, qui a révélé les zones d’ombre des méthodes d’infiltration, a poussé à repenser en profondeur la lutte contre le trafic de stupéfiants en France. La décision de François Thierry de ne pas faire appel met un point final à sa propre histoire judiciaire, mais pas à celle de son ancien indic.

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