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L’Europe veut construire son propre chemin numérique

La décision américaine de limiter l’accès à certaines IA aux étrangers a provoqué une vive réaction en Europe. Au G7 et à VivaTech, dirigeants et…

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L'Europe veut construire son propre chemin numérique

La décision américaine de limiter l’accès à certaines IA aux étrangers a provoqué une vive réaction en Europe. Au G7 et à VivaTech, dirigeants et ministres appellent à plus d’autonomie sans pour autant fermer la porte à la coopération.

Le 11 juin dernier, les États-Unis ont suspendu l’accès aux deux modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic pour tout ressortissant étranger. Une décision qui a secoué les capitales européennes. Elle a rappelé brutalement aux dirigeants du continent leur dépendance technologique vis-à-vis des géants américains. Du coup, la question de l’indépendance numérique s’est retrouvée au cœur des discussions du G7 à Nice et du salon VivaTech à Paris.

Emmanuel Macron a profité de la clôture du sommet des sept grandes puissances pour lancer un appel à mieux réguler les modèles d’IA les plus puissants. Son objectif est clair empêcher que ces outils ne tombent entre de mauvaises mains, qu’il s’agisse de régimes autoritaires ou d’acteurs menaçant la cybersécurité. Pour lui, la réponse ne doit pas être un repli nationaliste mais une coopération renforcée entre démocraties. La France et l’Allemagne ont affiché une position commune lors de l’ouverture de VivaTech, affirmant leur volonté de renforcer leur souveraineté numérique. La ministre française du Numérique, Anne Le Hénanff, a insisté sur le fait que l’indépendance est une question de survie. Son homologue allemand, Karsten Wildberger, a martelé la nécessité de développer nos propres produits.

Des paroles aux actes, des décisions concrètes ont été annoncées. La France a révélé qu’elle allait abandonner les services de l’entreprise américaine Palantir, spécialisée dans l’analyse de données, après une dizaine d’années d’utilisation. Elle se tournera vers son concurrent français ChapsVision. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a précisé que ce changement prendrait du temps, probablement jusqu’en 2027. Par ailleurs, Bercy a lancé une initiative pour inciter les grands acheteurs européens, publics et privés, à privilégier des acteurs européens. L’idée est de ne pas reproduire les erreurs du passé, notamment dans le domaine du cloud où l’Europe a réagi trop tard.

Pendant ce temps, le salon VivaTech a aussi accueilli une star américaine Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon et Blue Origin. Il est venu parler de conquête spatiale, quelques jours après l’explosion spectaculaire de sa fusée New Glenn. Un événement qu’il a décrit comme un coup dur. Mais le passage le plus attendu du salon sera la visite d’Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi, prévue jeudi. Un symbole fort alors que l’Europe cherche à tisser des alliances avec d’autres grandes puissances pour renforcer son autonomie numérique.

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