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L’Europe numérique court après son ambition

L’Union européenne voulait peser 20% du marché mondial des puces en 2030. Elle en est à 9% aujourd’hui et accumule les retards, alors que les citoyens…

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L'Europe numérique court après son ambition

L’Union européenne voulait peser 20% du marché mondial des puces en 2030. Elle en est à 9% aujourd’hui et accumule les retards, alors que les citoyens réclament plus d’indépendance technologique.

La Commission européenne a publié un rapport sans concession. L’UE veut devenir plus souveraine en matière de numérique, mais la réalité la rattrape. Sur le marché des semi-conducteurs, elle ne représente que 9% du total mondial. L’objectif fixé pour 2030 était pourtant de 20%. Et ce n’est pas le seul domaine où l’écart se creuse. Dans les services de cloud, l’offre européenne reste bien trop faible face à la demande. Le constat est clair : sans une accélération massive, les objectifs resteront inatteignables.

La situation préoccupe d’autant plus que la dépendance expose l’Europe aux décisions de puissances étrangères. Un exemple récent a marqué les esprits. Le gouvernement américain a obligé la société Anthropic à bloquer l’accès à ses modèles d’IA les plus avancés pour les utilisateurs hors des États-Unis. Un rappel brutal de la vulnérabilité numérique du continent. Bruxelles a donc proposé des mesures concrètes, comme exclure les prestataires non européens de certains marchés publics. L’idée est de favoriser les acteurs locaux, mais aussi de construire davantage de centres de données. La Commission veut tripler leur nombre dans les cinq ans en simplifiant les autorisations de construction.

Le message est entendu par les Européens eux-mêmes. Un sondage réalisé dans les 27 pays membres montre que 79% des citoyens considèrent la politique numérique comme une priorité pour l’UE. Mieux encore, 82% d’entre eux estiment qu’il faut réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers. Une attente forte, alors que le chemin vers une véritable souveraineté numérique reste long et semé d’obstacles. L’Europe a le soutien de sa population, mais le temps presse.

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