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L’été s’annonce sous haute tension pour les pompiers de Sologne

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Alors que la France suffoque sous une canicule précoce, 150 pompiers s’entraînent dans le deuxième plus grand massif forestier du pays. Un exercice grandeur nature pour se préparer à une saison des feux qui s’annonce redoutable.

Mercredi, le mercure a flirté avec les 38 à 39 degrés en Sologne, comme dans une bonne partie de la France. Sous cette chaleur écrasante, les soldats du feu ont lancé une simulation d’incendie d’une ampleur inédite dans la région. Camions tout-terrain, lances à eau et même un avion bombardier d’eau ont été déployés. Pour les riverains qui observaient la scène, la frontière entre l’exercice et la réalité devenait floue. Pourtant, ce n’était qu’un entraînement. Mais la météo, elle, était bien réelle avec 17 départements placés en vigilance orange canicule. Un signal d’alarme alors que la saison des feux de forêt n’a même pas encore commencé.

La Sologne, vaste de 500 000 hectares, était jusqu’ici plutôt épargnée par les grands incendies. Mais le changement climatique change la donne. En 2024, l’État a classé ce massif forestier à risque élevé, ce qui impose de nouvelles mesures de prévention. Les pompiers le disent sans détour : la question n’est plus de savoir si la forêt va brûler, mais quand. Le capitaine Jérôme Gardia, du service départemental d’incendie et de secours du Loiret, prévient que si la végétation continue de sécher sans pluie, l’été pourrait être très compliqué. Un rapport de la Chambre régionale des comptes va encore plus loin : d’ici dix ans, le niveau de risque en Sologne pourrait rejoindre celui des Landes en 2010. Un patrimoine comme le château de Chambord est aussi en première ligne.

Les pompiers le disent avec lucidité : ils sont les premiers témoins du dérèglement climatique. Le lieutenant-colonel Jérémie Lacroix rappelle qu’il y a dix ans presque jour pour jour, le Loiret était sous les eaux à cause d’inondations historiques. Aujourd’hui, ce sont les sécheresses et les vagues de chaleur qui s’enchaînent. L’année dernière, 20 000 hectares ont brûlé en France, deux fois plus que la moyenne. L’incendie des Corbières dans l’Aude a ravagé 11 300 hectares en août. Pour éviter le pire, les pompiers misent sur l’attaque précoce des départs de feu. Un incendie de 20 hectares doit être éteint en moins de trente minutes. Pour y parvenir, la Sologne s’équipe d’outils modernes : une quinzaine de caméras reliées à l’intelligence artificielle surveillent le massif, et des citernes sont placées aux endroits stratégiques. Une course contre la montre pour ne pas se laisser déborder par les flammes.

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