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L’été précoce met à l’épreuve les plages de Gironde

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Avec l’arrivée soudaine de la canicule, les stations balnéaires girondines subissent une affluence record et une série de noyades meurtrières. Les communes peinent à financer la surveillance indispensable pour sauver des vies.

Face à la chaleur exceptionnelle et à l’afflux massif de baigneurs, des sauveteurs aquatiques ont été réquisitionnés en urgence pour surveiller une plage de Gironde, quinze jours avant le calendrier habituel. Cette décision vise à prévenir les accidents mortels par submersion, qui ont déjà coûté la vie à quatre personnes dans le département. L’opération représente un coût supplémentaire important pour la commune concernée, mais les élus estiment qu’il faut assumer cette dépense pour protéger les estivants.

Durant cette semaine caniculaire précoce, trois personnes ont péri en se noyant dans une station voisine, et une autre plus au sud. Les victimes cherchaient un peu de fraîcheur et se sont trouvées en difficulté en dehors des créneaux de surveillance. La plupart ont été emportées par des courants de dérive, ces pièges redoutables du littoral aquitain qui entraînent rapidement les nageurs vers le large.

Des sauveteurs expérimentés et des locaux habitués à l’océan ont réalisé de nombreux sauvetages ces derniers jours. Ces professionnels de la sécurité aquatique sont décrits comme des passionnés, toujours très disponibles. Pour les baigneurs, leur présence est rassurante, mais beaucoup insistent sur la nécessité de renforcer la prévention face aux dangers des courants.

Si les horaires de surveillance ont été étendus sur certaines plages, seules sept d’entre elles sur les vingt-cinq du littoral girondin avaient déployé leurs équipes fin mai, alors que la côte était prise d’assaut sous les fortes chaleurs. Le week-end de Pentecôte, plus de cent trente mille personnes ont fréquenté les stations balnéaires entre Hourtin et le Cap-Ferret, soit une affluence équivalente à celle du quinze août.

Ces communes, qui ne comptent qu’une vingtaine de milliers d’habitants en basse saison, assurent ne plus avoir les moyens de financer seules l’accueil, la surveillance et le nettoyage. Certains évoquent l’idée de parkings payants au pied des dunes, mais les maires s’y opposent, préférant demander l’aide des autres collectivités du territoire. Ils redoutent que sans partenaires, l’accès à la plage ou à la montagne ne devienne payant, ce qui irait à l’encontre du maintien d’espaces gratuits de liberté.

Dans le département voisin, une expérience de veille hors saison des plages a été lancée depuis l’été dernier, avec un financement important du conseil départemental. En Gironde, la situation financière du département est plus tendue. La préfecture a appelé à une mobilisation collective des services de l’État, des collectivités et des pompiers pour renforcer la prévention et informer des risques de noyade. Quarante sauveteurs des CRS seront déployés sur les plages à partir du premier juillet. Les élus saluent ce soutien mais préviennent qu’avec le changement climatique, les plages qui étaient surveillées trois mois dans l’année devront l’être des vacances de Pâques à celles de la Toussaint.

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