Monde
Les paramilitaires soudanais revendiquent la chute d’el-Facher

Les Forces de soutien rapide affirment avoir conquis cette place forte du Darfour, tandis que les autorités civiles locales contestent cette affirmation et évoquent une résistance persistante de la population.
Les forces paramilitaires soudanaises ont proclamé dimanche leur mainmise sur la ville d’el-Facher, dernier bastion du Darfour échappant encore à leur emprise. Dans un communiqué diffusé sur leur chaîne Telegram officielle, les Forces de soutien rapide ont annoncé avec fierté la prise du quartier général militaire, présentée comme un événement marquant la rupture des défenses adverses.
L’armée régulière n’a pas réagi immédiatement à ces déclarations. En revanche, le comité de résistance populaire, structure civile alliée aux forces gouvernementales, a immédiatement tempéré ces annonces. Selon cette source, la capture du poste de commandement militaire ne signifierait en aucun cas la reddition de la cité, précisant que les habitants continuaient de résister activement aux assaillants après dix-huit mois de siège.
La difficulté d’accès à la zone empêche toute vérification indépendante de ces affirmations contradictoires. Les images diffusées par les paramilitaires montrent cependant leurs combattants pénétrant dans l’enceinte du quartier général, tandis que des scènes de liesse étaient filmées dans d’autres localités déjà sous leur contrôle.
La bataille pour el-Facher s’est intensifiée depuis août dernier, avec un recours massif à l’artillerie et aux drones contre les positions gouvernementales. Cette offensive progressive a permis aux assaillants de s’emparer de plusieurs districts, contraignant de nombreux civils à se terrer dans des abris de fortune creusés à la hâte.
La situation humanitaire atteint des niveaux critiques, selon les Nations unies. Environ 260 000 personnes, dont la moitié d’enfants, souffriraient de pénuries alimentaires, hydriques et médicales dans une ville presque totalement isolée. Des images satellitaires révèlent qu’el-Facher se trouve encerclée par près de soixante-huit kilomètres de fortifications, avec une unique voie d’accès restreinte.
La conquête éventuelle de cette ville stratégique constituerait un tournant décisif dans le conflit opposant le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée régulière, au général Mohamed Hamdane Daglo, commandant des forces paramilitaires. Cette guerre, débutée en avril 2023, a provoqué des dizaines de milliers de victimes et le déplacement de millions de personnes, créant ce que les organisations internationales qualifient de pire crise humanitaire actuelle.
Malgré les efforts diplomatiques récents, incluant des discussions à Washington entre plusieurs puissances régionales, les belligérants persistent dans leur confrontation. Les médiateurs internationaux ont pourtant réitéré leurs propositions de trêve humanitaire et de transition politique, des initiatives jusqu’à présent rejetées par les autorités militaires en place.

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