Économie
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis s’emballe
Washington surtaxe l’acier et l’automobile et Ottawa promet une riposte ferme.


Washington surtaxe l’acier et l’automobile et Ottawa promet une riposte ferme.
Le bras de fer transfrontalier a pris une nouvelle dimension. Après plusieurs semaines de discussions et un échec des négociations, le président américain a annoncé une salve de taxes qui vise directement l’industrie canadienne. À partir de janvier 2027, les voitures, les camions, les pièces détachées et l’acier seront frappés à 50%. Sur son réseau social, il justifie ce choix en répétant que le Canada profite des États-Unis depuis des années, sur le plan commercial comme militaire. L’acier canadien est déjà en grande partie taxé à ce niveau, alors qu’une baisse avait été laissée espérer en échange d’un compromis.
Ottawa refuse de plier. Le premier ministre canadien dénonce des propositions qui viseraient à casser les industries de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium. Il assure que son pays a négocié de bonne foi pendant plus d’un an, mais qu’il ne signera pas un accord à n’importe quel prix. Les autorités canadiennes estiment que Washington en demande trop et offre trop peu. Elles pointent aussi des exigences sur la langue française, un dossier politiquement très sensible dans ce pays officiellement bilingue.
Derrière la diplomatie, les tensions sont vives. Le premier ministre de l’Ontario a lancé des attaques très dures contre Donald Trump, qui a répondu avec mépris en parlant de clowns. Le vice-président américain préfère, lui, évoquer des demandes canadiennes déraisonnables à la dernière minute. Le président américain a même proposé de faire du Canada un 51e État.
Les sommes sont considérables. Washington menace de surtaxer 20 milliards de dollars de produits canadiens, du ciment au vin en passant par les crosses de hockey. Les États-Unis demeurent de loin le premier marché du Canada, avec environ 70% de ses exportations. Pourtant, les Canadiens soutiennent la ligne dure de leur gouvernement. Un sondage réalisé ce week-end montre que 76% des personnes interrogées approuvent la rupture des discussions et que 62% soutiennent les représailles annoncées.
La réponse d’Ottawa est attendue ce mardi. Reste à savoir si la menace se traduira par une longue guerre ou si une porte de sortie existe. Donald Trump a déjà surpris en revenant sur ses annonces les plus dures à la dernière minute. Mais une escalade douanière prolongée risque de raviver l’inflation aux États-Unis, un vrai problème pour le président à l’approche des élections de mi-mandat début novembre.
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