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Les mensonges d’une mère au cœur d’un procès pour assassinat

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Au procès d’une femme jugée pour le meurtre de son mari, son fils a livré un témoignage accablant sur ses mensonges répétés. Il décrit une mère aimante mais maladroite, dont les tromperies ont profondément marqué son enfance.

Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute de 41 ans, a été tué d’une balle dans la nuque alors qu’il taillait des rosiers dans son jardin à Breuil-le-Vert, dans l’Oise. Son épouse, Delphine Pinto, 48 ans, est jugée à Beauvais pour avoir organisé ce meurtre avec la complicité de trois hommes, dont son amant et deux autres suspects soupçonnés d’avoir fourni l’arme et tiré. Le procès se déroule devant une cour d’assises spéciale composée de cinq magistrats.

Le fils aîné de l’accusée, également poursuivi pour avoir été informé du projet d’assassinat de son père adoptif, a décrit à la barre les nombreux mensonges de sa mère. Il a notamment évoqué un mensonge qui a « détruit son enfance » : sa mère lui avait fait croire pendant des années qu’une maladie de dos dont il souffrait risquait de le tuer, alors que cela était infondé. Il a souligné que ce mensonge avait aussi gâché ses relations avec ses sœurs. Mme Pinto a répondu qu’elle le pensait réellement à l’époque.

Le fils a également rappelé que sa mère se présentait comme avocate lors de ses activités de danse, alors qu’elle n’avait pas fait d’études supérieures, et qu’elle avait lancé une fausse cagnotte pour financer une prétendue opération chirurgicale le concernant. Ces faits lui avaient déjà valu une condamnation pour escroquerie et usurpation d’identité en 2011 et 2012. Chemise blanche et lunettes carrées, l’accusée a pris la parole d’une petite voix, disant sa « tristesse » face aux propos de son fils, tout en justifiant ses actes par sa « grande peur » pour lui et son souhait que ses enfants ne « manquent de rien ».

Le président de la cour a aussi lu un rapport de l’administration pénitentiaire mentionnant que Mme Pinto aurait dessiné de faux hématomes sur son corps pour simposer des maltraitances, ce qu’elle a nié. Ses avocats ont précisé que cet incident n’était pas daté.

Une semaine avant sa mort, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’un non-lieu alors qu’il était accusé de violences conjugales et d’agression sexuelle incestueuse sur l’une de ses deux petites filles. Il était également mis en cause pour des agressions sur trois autres enfants issus d’une précédente union de son épouse, qu’il avait adoptés. Le fils aîné a maintenu ses accusations, mais le décès de M. Piel a éteint les poursuites, la procédure n’ayant pas établi de charges suffisantes.

L’enquête décrit un couple « caractérisé par l’emprise », Mme Pinto étant présentée comme « manipulatrice et mythomane », tandis que son époux était décrit comme « soumis ». Lors des auditions, l’accusée et les autres prévenus ont gardé le silence ou nié toute implication dans le meurtre. Le procès se poursuit jusqu’au 12 juin.

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