Économie
Les marchés européens plongent à cause d’une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran
Les Bourses européennes s’apprêtent à ouvrir en baisse ce mercredi : de nouvelles frappes américaines contre l’Iran ravivent les craintes d’une guerre au…


Les Bourses européennes s’apprêtent à ouvrir en baisse ce mercredi : de nouvelles frappes américaines contre l’Iran ravivent les craintes d’une guerre au Moyen-Orient et font flamber les prix du pétrole.
Paris, Francfort, Londres : tous les yeux sont rivés sur les premiers échanges. Le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,58%, le Dax allemand 0,18% et l’indice paneuropéen Stoxx 600 0,22%. Seule la Bourse de Londres pourrait légèrement résister, avec une hausse de 0,13% portée par la flambée du pétrole. En cause, les nouvelles frappes aériennes américaines menées mardi en Iran. Washington avait pourtant suspendu quelques jours plus tôt l’autorisation temporaire donnée à Téhéran pour vendre son pétrole. Un accord de paix semblait en bonne voie. Il est aujourd’hui remis en cause.
Ces frappes sont une réponse directe aux attaques attribuées à l’Iran contre trois pétroliers près du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Le commandement central de l’armée américaine a confirmé cette riposte. Résultat : les cours du pétrole explosent. Le Brent bondit de 3% à 76,44 dollars le baril, et le brut léger américain grimpe de 3,1% à 72,63 dollars. Jusqu’ici, l’accord provisoire signé en juin entre Washington et Téhéran avait fait baisser les prix. Les investisseurs espéraient une accalmie. C’est l’inverse qui se produit.
Les marchés financiers détestent l’incertitude. Et celle-ci est double : géopolitique, avec la crainte d’un conflit durable dans la région, et monétaire, avec la peur que les banques centrales resserrent encore leur politique pour contenir l’inflation provoquée par la hausse de l’énergie. La publication des minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine est très attendue dans la journée. Elle pourrait donner des indices sur la façon dont la Fed juge l’impact de cette guerre sur les prix et la croissance.
À Wall Street, la séance de mardi s’est terminée dans le rouge. Le Dow Jones a un instant touché un sommet historique, mais il a finalement cédé 0,25%. Le S&P 500 a perdu 0,45% et le Nasdaq, plombé par les fabricants de semi-conducteurs comme Micron, a dévissé de 1,16%. En Asie, la même tendance : le Nikkei japonais est volatil, le Kospi sud-coréen plonge de plus de 5%, Samsung abandonne près de 7%. En Chine et à Hong Kong, les marchés progressent légèrement, portés par un rebond technique sur les valeurs technologiques.
Côté changes, le dollar se renforce, valeur refuge par excellence. L’euro reste stable à 1,1415 dollar. Le yen, lui, continue de s’affaiblir et se négocie près de son plus bas niveau depuis 40 ans. Quant aux obligations, les rendements des Treasuries grimpent, reflet de l’inquiétude. La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé son taux directeur à 2,5% pour freiner l’inflation, un geste qui dit beaucoup des pressions qui traversent l’économie mondiale.
Les investisseurs retiennent leur souffle. La question qui les taraude est simple : jusqu’où ira cette escalade ?
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