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L’OTAN retient son souffle face à Donald Trump
Arrivé mardi en grande pompe à Ankara, le président américain a déjà taclé ses alliés européens. Ce mercredi, un sommet sous tension s’ouvre avec une…


Arrivé mardi en grande pompe à Ankara, le président américain a déjà taclé ses alliés européens. Ce mercredi, un sommet sous tension s’ouvre avec une photo de famille, une réunion de travail et un face-à-face très attendu avec Volodymyr Zelensky.
Donald Trump pose le pied en Turquie et le ton est donné. Accueilli chaleureusement par Recep Tayyip Erdogan, il n’a pas attendu pour envoyer des piques à ses partenaires. « J’ai été très déçu par l’OTAN », a-t-il lancé dès son arrivée, accusant les Européens de ne pas l’avoir soutenu lors de l’offensive américaine en Iran. Sans ce sommet organisé par son « ami » turc, assure-t-il, il n’aurait même pas traversé l’Atlantique. Une entrée en matière qui promet des discussions tendues. Pendant deux jours, les 32 dirigeants de l’Alliance tentent de faire bonne figure, mais l’ambiance est électrique. Au programme de ce mercredi la traditionnelle photo de famille, une séance de travail express et une rencontre très scrutée entre le président américain et son homologue ukrainien.
Face à ce vent de fronde, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte s’active pour calmer le jeu. Il multiplie les présentations chiffrées pour prouver que les Européens ne font pas de la figuration. En 2025, leurs dépenses de défense ont bondi de près de 20% par rapport à l’année précédente. En cumulant 2025 et 2026, cela représente 258 milliards de dollars d’investissements supplémentaires. Un effort réel, même si la hausse ralentit à 11% cette année. Rutte insiste l’Alliance doit devenir plus européenne et moins dépendante des États-Unis. Mais le chantier est colossal et les pressions de Washington compliquent tout. Mi-juin, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a dénoncé les « passagers clandestins » et annoncé un réexamen dans six mois de la présence des forces américaines en Europe. Autant dire que la partie de bras de fer ne fait que commencer.
L’Ukraine reste l’autre dossier brûlant de ce sommet. Quelques jours après une « très bonne conversation » avec Vladimir Poutine, Trump a affirmé que les deux camps veulent conclure un accord pour mettre fin à la guerre. À Kiev, on espère surtout un signal fort de l’OTAN. Volodymyr Zelensky, présent à Ankara pour le dîner de gala mais pas pour le sommet officiel, a rappelé les progrès spectaculaires de son pays en matière de défense. Drones, missiles de croisière comme le Flamingo l’Ukraine a développé en quatre ans une expertise que beaucoup envient. Alors, fermer la porte de l’Alliance à un peuple avec de telles capacités demande-t-il. Les Européens, eux, veulent réaffirmer leur soutien. Avec le Canada, ils s’engagent à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour 2026 et 2027. Un geste fort mais qui ne suffira peut-être pas à convaincre Trump.
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