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Détroit d’Ormuz le nouveau champ de bataille entre Washington et Téhéran

Les États-Unis ont pilonné plus de 80 sites iraniens après des attaques sur des navires commerciaux. L’Iran a riposté en visant des bases américaines au…

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Détroit d'Ormuz le nouveau champ de bataille entre Washington et Téhéran

Les États-Unis ont pilonné plus de 80 sites iraniens après des attaques sur des navires commerciaux. L’Iran a riposté en visant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, et le pétrole flambe.

Les tensions viennent de franchir un nouveau palier dans le Golfe. Washington a lancé des frappes massives contre l’Iran mardi, affirmant avoir détruit plus de 80 cibles, dont des systèmes de défense antiaérienne. La raison officielle des Etats-Unis est simple : des navires marchands ont été pris pour cible dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le pétrole mondial. Selon l’armée américaine, trois bateaux ont été frappés en vingt-quatre heures. Riyad et Doha accusent directement Téhéran d’être derrière deux de ces attaques, ce que l’Iran conteste. Ces frappes surviennent alors qu’un accord de cessez-le-feu, signé le 17 juin, prévoyait justement la réouverture du détroit et la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien. Mais ce fragile équilibre vient de voler en éclats.

Téhéran n’a pas attendu longtemps pour répliquer. Dès mercredi, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir touché 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, à l’aide de missiles et de drones. Un drone MQ-9 américain aurait également été abattu. Les sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn, et l’armée koweïtienne a confirmé des attaques sans en préciser l’origine. Le ton monte aussi sur le plan diplomatique. L’Iran dénonce une violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu et promet des mesures décisives pour protéger sa sécurité. De son côté, Washington a rétabli ses sanctions économiques contre le pétrole iranien, interdisant toute nouvelle transaction dès mardi. Le résultat est immédiat : le cours du baril de pétrole américain a grimpé de plus de 2,6 %, atteignant 72,29 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques.

Cette escalade intervient dans un climat déjà explosif. L’Arabie saoudite a condamné le ciblage de l’un de ses pétroliers, le Wedyan, et d’un méthanier qatari. Le Qatar a convoqué le chargé d’affaires iranien pour exiger des explications. Mais l’Iran rejette ces accusations et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage dans le détroit était libre. Le détroit d’Ormuz, par où transite normalement 20 % du brut et du gaz liquéfié mondial, reste au cœur des tensions. Par ailleurs, le pays est plongé dans des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au début du conflit. La guerre, déclenchée fin février par une offensive américano-israélienne, avait déjà mis le monde à cran. Aujourd’hui, chaque camp semble prêt à aller plus loin.

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