Société
Pourquoi la santé des bébés et des mères se dégrade-t-elle en France ?
Un nouveau bilan de la santé périnatale en France révèle des progrès mais aussi des inquiétudes. La mortalité infantile augmente et la santé mentale des…


Un nouveau bilan de la santé périnatale en France révèle des progrès mais aussi des inquiétudes. La mortalité infantile augmente et la santé mentale des mères se dégrade malgré une baisse du tabagisme et de la prématurité.
Le tableau de la santé périnatale en France est en demi-teinte. D’un côté, des indicateurs s’améliorent, comme la baisse de la prématurité ou du tabagisme pendant la grossesse. De l’autre, des signaux inquiétants se multiplient. La mortalité infantile, qui mesure les décès de nouveau-nés avant 28 jours, ne cesse de progresser. En 2024, elle atteint 4,08 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit une hausse moyenne de 1% par an depuis 2014. La France se classe seulement 21e sur 27 pays européens, loin derrière la Suède ou la Finlande. Les disparités régionales sont fortes, surtout dans les Outre-mer. À Mayotte et dans les DROM, la mortalité avant un an est 1,4 à 2,6 fois plus élevée que la moyenne nationale. Environ 10% des causes de ces décès restent inconnues, une part qui augmente depuis 2020, ce qui interroge les experts.
La santé mentale des jeunes mères constitue une autre préoccupation majeure. La période après l’accouchement est particulièrement vulnérable. Selon les estimations, 17% des femmes souffrent de symptômes dépressifs deux mois après la naissance, soit près d’une sur six. 27% présentent des symptômes d’anxiété, et 5,5% ont des idées suicidaires. Ces chiffres cachent de fortes inégalités territoriales. En Guadeloupe, près de 30% des mères sont concernées par la dépression, contre 21,7% dans le Centre-Val-de-Loire ou 19,3% en Île-de-France. Les facteurs de risque sont nombreux. Ils incluent l’isolement social, les difficultés économiques, les antécédents psychiatriques ou encore un accouchement difficile. Chaque année, près de 200 000 femmes pourraient être touchées par ces troubles. Sans prise en charge, les conséquences peuvent être graves pour la mère, le lien avec l’enfant et le développement du bébé.
Pourtant, la prévention reste insuffisante. Les entretiens prénatal et postnatal, rendus obligatoires respectivement en 2020 et 2022, ne sont pas assez suivis. Seules 62% des femmes ont réalisé l’entretien prénatal, et à peine 25% pour l’entretien postnatal. De plus, près des trois quarts des femmes qui ont signalé des difficultés psychologiques pendant leur grossesse n’ont pas eu accès à des soins en santé mentale avant l’accouchement. Face à ce constat, les autorités sanitaires appellent à renforcer la prévention et à mieux comprendre les causes de la hausse de la mortalité infantile. Le gouvernement a récemment annoncé la création d’une instance nationale de la périnatalité, réunissant professionnels, usagers et administrations. Un premier pas pour tenter d’inverser la tendance.
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