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Le guide suprême iranien fait escale dans les villes saintes chiites d’Irak avant son dernier repos
Des foules immenses sont attendues à Najaf et Kerbala pour rendre hommage à Ali Khamenei. L’Irak déclare un jour férié et déploie un important dispositif…


Des foules immenses sont attendues à Najaf et Kerbala pour rendre hommage à Ali Khamenei. L’Irak déclare un jour férié et déploie un important dispositif de sécurité.
Le corps de l’ayatollah Ali Khamenei a quitté l’Iran pour une halte exceptionnelle en Irak. Mercredi, la dépouille du guide suprême tué le 28 février au premier jour de la guerre contre Israël et les États-Unis traverse les deux villes les plus sacrées du chiisme. À Najaf et Kerbala, les rues sont déjà couvertes de banderoles et de portraits du défunt, aux côtés des drapeaux irakiens. L’une d’elles affiche fièrement la phrase « Celui qui a humilié l’Amérique ». Pour accueillir cette procession hors norme, Bagdad a décrété un jour férié et mobilisé d’importantes forces de sécurité. Les cérémonies commencent à six heures du matin, heure locale.
La symbolique est forte. Najaf abrite le sanctuaire de l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure fondatrice de l’islam chiite. Le cortège funèbre doit parcourir six kilomètres jusqu’à ce lieu saint. Plus tard, la dépouille s’envolera vers Kerbala, où reposent l’imam Hussein et son frère Abbas. Ces deux sites sont parmi les plus vénérés par les chiites du monde entier. La présence du guide iranien suscite un élan populaire immense. « C’est une occasion à ne pas manquer », s’enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, qui s’est déplacé pour participer aux funérailles de « celui qui a défié la puissance de l’Amérique et d’Israël ».
Les plus hauts responsables iraniens ont fait le voyage. Le président Massoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le général Esmaïl Qaani, chef de la Force Qods, étaient présents à l’aéroport de Najaf mardi soir. L’un des fils du défunt, Moustafa, les accompagnait. En revanche, Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père comme guide suprême en mars, n’a pas été vu en public depuis le début des cérémonies. Les relations entre Téhéran et Bagdad n’ont pas toujours été aussi chaleureuses. Dans les années 1980, Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, a mené une guerre sanglante contre l’Iran. Mais après sa chute en 2003, les deux pays sont devenus des alliés proches. Aujourd’hui, l’Iran soutient des groupes armés en Irak, qui ont attaqué des installations américaines après la mort de Khamenei. La dépouille du guide doit être inhumée jeudi à Mashhad, sa ville natale dans le nord-est de l’Iran, concluant six jours de deuil national.
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