Économie
Les cours du pétrole plongent, portés par l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz
Les marchés pétroliers ont enregistré une baisse significative mercredi, les investisseurs anticipant un dénouement diplomatique entre Washington et Téhéran qui permettrait de rétablir la libre circulation des hydrocarbures dans cette voie maritime stratégique.
Le baril de Brent de la mer du Nord, échéance juillet, a cédé 5,31% pour s’établir à 94,29 dollars, après être descendu jusqu’à 94,13 dollars en cours de séance. Son homologue américain, le West Texas Intermediate pour la même livraison, a reculé de 5,55% à 88,68 dollars, touchant un plus bas à 87,77 dollars. Cette décrue traduit un optimisme croissant quant à une résolution du conflit qui paralyse l’un des goulets d’étranglement les plus sensibles pour le commerce mondial de l’énergie.
Selon des analystes financiers, le consensus de place penche désormais vers un accord permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime, par laquelle transite habituellement près d’un cinquième du pétrole mondial, est bloquée par l’Iran depuis les premières frappes israélo-américaines sur son territoire à la fin du mois de février. Les déclarations de Donald Trump, qui s’est dit insatisfait des propositions iraniennes, n’ont pas entamé la confiance des opérateurs, d’autant que Téhéran a jugé peu probable une reprise des hostilités.
Les pressions politiques s’exercent des deux côtés pour parvenir à une issue rapide. Du côté américain, la flambée des prix à la pompe pèse lourdement sur la popularité du président à l’approche des élections de mi-mandat. En Iran, les dirigeants sont eux aussi sous tension pour trouver un arrangement qui leur permettrait de relancer leurs exportations pétrolières et de récupérer une partie de leurs avoirs gelés dans les banques occidentales.
Si la navigation reprenait dans le détroit, les prix du brut pourraient chuter jusqu’à 80 dollars le baril. Les spécialistes estiment toutefois que le retour à des niveaux comparables à ceux du début de l’année est peu probable. La reconstruction des stocks mondiaux, la remise en état des capacités de raffinage endommagées et la relance de la production régionale à l’arrêt constituent des défis majeurs. S’ajoute à cela la nécessité de sécuriser les voies maritimes par des opérations de déminage, un processus qui pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant un retour à la normale des flux pétroliers.
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