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Les « communicateurs animaliers » dans le collimateur de l’Ordre des vétérinaires
La pratique de la « communication animale intuitive », qui prétend établir un lien télépathique avec les animaux, connaît un essor notable sur les réseaux sociaux. L’Ordre des vétérinaires dénonce une escroquerie exploitant la vulnérabilité des propriétaires.
La détresse des maîtres est devenue un terreau fertile pour une activité controversée. La « communication animale intuitive », qui promet de dialoguer par la pensée avec des animaux vivants ou décédés, gagne du terrain en ligne. Les adeptes de cette méthode affirment être capables de diagnostiquer les souffrances de l’animal et de retranscrire ses pensées. Pourtant, cette pratique est vivement critiquée par les autorités sanitaires et les professionnels du soin animal.
Dans son rapport d’activité couvrant la période 2022-2024, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a mis en garde contre ces pratiques. Elle souligne que des individus malintentionnés peuvent instrumentaliser la détresse des propriétaires pour leur soutirer de l’argent, en échange de prétendues séances de communication avec leurs compagnons.
Le docteur Christophe Hugnet, conseiller national de l’Ordre des vétérinaires, qualifie cette activité de « charlatanisme pur ». Il insiste sur le danger qu’elle représente pour les animaux, dont les propriétaires risquent d’être égarés par des pseudo-communicants qui ne les orienteront pas vers les traitements adaptés.
Malgré ces mises en garde, la demande pour ces services ne cesse de croître. Une communicante animalière basée dans la région de la Côte d’Opale confie avoir trente-deux demandes en attente et un agenda rempli pour les trois prochaines semaines. Sa méthode consiste à utiliser une photographie de l’animal pour établir une connexion à distance, avant de fournir un compte-rendu téléphonique. Chaque séance est facturée quarante euros. Dans la même région, certains de ses confrères n’hésitent pas à porter leurs tarifs jusqu’à soixante-dix euros, notamment lorsque l’animal est en fin de vie ou déjà décédé.
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