Économie
Les Bourses européennes misent sur une trêve énergétique encore incertaine
Les places européennes devraient ouvrir en hausse, portées par l’annonce d’un cessez-le-feu entre Kiev et Moscou sur les infrastructures énergétiques.…


Les places européennes devraient ouvrir en hausse, portées par l’annonce d’un cessez-le-feu entre Kiev et Moscou sur les infrastructures énergétiques. Sauf que l’accord reste flou et que les tensions au Moyen-Orient continuent de menacer cette embellie.
Les contrats à terme annoncent une séance dans le vert sur le Vieux Continent. Paris grappillerait 0,19 %, Francfort 0,34 %, Londres 0,25 % et l’indice Stoxx 600 0,17 %. À l’origine de cet élan, l’annonce faite dimanche par Donald Trump d’un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie portant sur les infrastructures énergétiques, qu’il a présenté comme déjà actif. Volodimir Zelensky a toutefois vite démenti cette entrée en vigueur, et Moscou garde le silence. Le président américain a aussi affirmé vendredi que la Russie livrerait sans délai plus de 300 000 tonnes de diesel aux marchés. Un geste réel mais qui, de l’avis des professionnels, ne pèsera pas durablement sur les prix. Les cours du brut restent d’ailleurs sans direction claire, le Brent lâchant 0,13 % à 104,58 dollars le baril et le brut léger américain 0,63 % à 91,27 dollars.
L’horizon demeure encombré au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz reste fermé et l’impasse paraît devoir s’éterniser. La réponse des États-Unis aux conditions posées par Téhéran pour rouvrir ce passage névralgique est jugée insuffisante par le chef de la sécurité iranienne, Mohsen Rezaei. À cela s’ajoutent les frappes répétées contre l’aéroport international de Riyad, qui ont fait un mort et onze blessés dimanche, au lendemain d’un assaut revendiqué ayant tué treize personnes. Le mois dernier, les rebelles yéménites, alliés de Téhéran, se sont emparés de secteurs stratégiques le long de la mer Rouge, compliquant encore la navigation vers Bab el-Mandeb. Un cocktail qui entretient les craintes sur les coûts du transport maritime et les cours du pétrole, alors que la flambée mondiale du diesel provoquée par la guerre avec l’Iran en février s’est muée en casse-tête politique pour le camp républicain de Donald Trump, à l’approche des élections de mi-mandat du mois prochain.
Les prochains jours s’annoncent tout aussi chargés. Les investisseurs guettent les chiffres de l’inflation américaine et les résultats trimestriels des grandes banques des États-Unis. Sur le plan monétaire, le scénario dominant table sur une pause commune de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne en octobre, taux inchangés, avant de nouveaux tours de vis d’ici la fin de l’année. Reste le dossier brûlant de la dette souveraine, dont les rendements ont atteint des niveaux inédits depuis plusieurs décennies de chaque côté de l’Atlantique. En Allemagne, le Bund à dix ans recule de 2,4 points de base à 3,4614 %, le deux ans de 1,1 point à 3,0835 %. En France, l’OAT à dix ans perd 1,7 point à 4,8435 %, dans un climat d’inquiétude autour du déficit public. Le projet de loi de finances pour 2027 sera examiné par les députés dès mardi à l’Assemblée nationale. La présidentielle de 2027 alimente aussi les tensions, les sondages dessinant un second tour entre des candidats aux positions extrêmes. Dimanche, le Parti socialiste a annoncé que Raphaël Glucksmann, candidat de Place publique opposé à toute alliance avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, avait remporté dès le premier tour la primaire sociale-démocrate.
Du côté de l’Asie, la morosité domine. Les Bourses chinoises reculent, les mesures de soutien de Pékin n’ayant pas suffi à rassurer des marchés malmenés par la hausse des taux mondiaux et les tensions géopolitiques. Le CSI 300 des grandes capitalisations cède 0,78 %, le SSE Composite de Shanghai 0,52 %, tandis que Hong Kong gagne 0,09 %. Les chiffres du commerce extérieur chinois, attendus mercredi, seront épiés, histoire de voir si les exportations liées à l’intelligence artificielle continuent de porter une économie freinée par la crise du marché immobilier et la faiblesse de la demande intérieure. À Wall Street, la séance de vendredi s’est terminée en hausse, le Dow Jones prenant 0,83 %, le S&P 500 0,59 % et le Nasdaq 0,64 %. Sur le marché des changes, le dollar recule de 0,03 % face à un panier de devises de référence et l’euro avance de 0,03 % à 1,1204 dollar, après être tombé la semaine dernière à son plus bas niveau depuis dix-sept mois face au billet vert. La Bourse de Tokyo reste portes closes pour la Journée de la santé et du sport, et le marché obligataire américain observe le Columbus Day, ce qui pourrait réduire le volume des transactions.
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