Économie
Le maïs français voit sa récolte presque divisée par deux
La sécheresse installée depuis la fin de l’été et des surfaces cultivées en net recul plombent les grandes cultures françaises. Le maïs grain en paie le…


La sécheresse installée depuis la fin de l’été et des surfaces cultivées en net recul plombent les grandes cultures françaises. Le maïs grain en paie le prix fort, avec une production attendue autour de 7,3 millions de tonnes.
Les chiffres n’en finissent pas de fondre. Alors que la moisson avance plus vite que d’habitude, le ministère de l’Agriculture a encore abaissé ses prévisions pour le maïs grain, passé de 9,1 à 8 millions de tonnes, puis à 7,3 millions de tonnes semences comprises. En l’espace de quelques semaines, la récolte attendue a donc été revue à la baisse à trois reprises. Sur un an, la production serait quasiment divisée par deux, un effondrement qui tient autant à la chute des rendements qu’à la réduction des surfaces cultivées.
Les rendements nationaux devraient s’établir à 63 quintaux par hectare, soit près de 24 quintaux de moins que l’an passé. Dans les parcelles non irriguées, la perte grimpe même jusqu’à 28 quintaux par hectare. Pour retrouver un niveau national aussi faible, il faut remonter à 1990, quand les rendements plafonnaient à 60,3 quintaux par hectare. Le déficit hydrique qui s’éternise depuis la fin de l’été a donc frappé de plein fouet une culture particulièrement gourmande en eau.
Les surfaces racontent la même histoire. Au moment des semis, les agriculteurs ont planté 305 000 hectares de maïs grain en moins. Et 150 000 hectares qui s’annonçaient en mauvais état après l’été ont été réorientés vers l’ensilage, cette technique qui consiste à récolter la plante entière pour nourrir les animaux. Résultat, le maïs fourrage ne s’en sort pas mieux, avec une production en repli de 29 pour cent sur un an. Les surfaces ont pourtant augmenté, mais le rendement, révisé à moins de 87 quintaux par hectare, ne suit pas.
Le maïs n’est pas la seule victime de la saison. La production de blé tendre a de nouveau été légèrement abaissée, à 31,5 millions de tonnes contre 31,7 millions de tonnes un mois plus tôt. Le sorgho grain, les orges, le soja et le triticale reculent eux aussi. Le tournesol affiche son rendement le plus bas depuis au moins 1980. La betterave sucrière descend à 25,3 millions de tonnes, plombée par des rendements inférieurs aux attentes. Seule éclaircie dans ce tableau, la pomme de terre pourrait faire un peu mieux que prévu, portée par des rendements revus à la hausse.
Ces chiffres pèsent lourd, car la France est le premier producteur de blé et de maïs de l’Union européenne. Un maïs grain divisé par deux, c’est moins de grain disponible pour l’alimentation animale et pour l’export, dans un contexte où les éleveurs comptent justement sur ces volumes pour nourrir leurs bêtes. La bascule d’une partie des parcelles vers l’ensilage permet de limiter les dégâts côté élevage, mais elle retire d’autant de tonnage destiné à d’autres usages. Pour les céréaliers, l’équation de la campagne s’annonce serrée, avec des volumes à vendre en berne et des charges qui, elles, ne baissent pas.
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